Le ministre colombien de la défense convoqué pour le massacre de Putumayo

Les communautés accusent l’armée d’avoir tué 11 paysans lors d’un raid militaire à Putumayo le 28 mars.

Les législateurs colombiens ont exigé ce mercredi, lors d’un débat de contrôle politique, que le ministre de la Défense, Diego Molano, réponde d’un cas de faux positifs survenu lors d’un raid de l’armée nationale le 28 mars dernier dans une zone rurale de Puerto Leguízamo, département du Putumayo (sud).

Des sénateurs et des représentants de divers partis, dont Comunes et Alianza Verde, ont déposé la demande d’audience, qui n’a pas encore été fixée, pour que Molano rende compte de l’opération militaire au cours de laquelle 11 personnes ont été tuées.

Les organisations de défense des droits de l’homme et les communautés paysannes de la région, en particulier dans le village d’Alto Remanso (où les événements ont eu lieu), soulignent que les personnes tuées étaient des civils qui participaient à un bazar et non des membres de groupes armés illégaux, comme l’ont affirmé l’armée, Molano et le président Iván Duque lui-même.

Selon les rapports de presse et les témoignages des habitants de la région, parmi les morts figurent le président de la Junta de Acción Comunal locale, deux autochtones et un mineur.

Le bureau de l’Ombudsman a confirmé que parmi les victimes se trouvaient le leader social susmentionné (Didier Hernández Rojas), sa femme (Ana María Sarria Barrera) et un adolescent de 16 ans (Brayan Santiago Pama).

En outre, parmi les personnes décédées déjà identifiées, l’un des deux autochtones, Pablo Panduro Coquinche, était le gouverneur du Cabildo Kwicha.

Parmi les autres, un habitant du secteur, Óscar Olivo Yela, et une personne en cours de réincorporation, Jhon Jairo Silva Mutumbajoy.

Parmi les législateurs qui ont déposé la pétition pour le contrôle politique figurent Angélica Lozano, Antonio Sanguino, Luis Alberto Albán et Carlos Ardilla.

Selon les médias, le commandant de l’armée nationale, le général Eduardo Zapateiro, et la directrice de l’Institut colombien du bien-être familial (ICBF), Lina María Arbeláez, ont également été convoqués au débat sur le contrôle politique.

Le bureau du procureur dément les versions des arrestations.
Jeudi, le bureau du procureur général de Colombie a assuré, dans un communiqué, qu’il n’y avait eu aucune arrestation au cours de l’opération militaire dans le Putumayo.

Auparavant, les médias avaient rapporté que quatre personnes, soupçonnées d’être membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) et capturées le 28 mars, avaient été libérées après qu’aucune preuve n’ait été trouvée pour les maintenir en prison.

Le bureau du procureur général a déclaré que l’armée “n’a pas signalé d’arrestations et n’a pas fourni les documents qui étayent une procédure de ce type”.

Elle a ajouté qu’elle ne connaissait que trois blessés qui ont reçu des soins médicaux dans la municipalité de Puerto Asís (Putumayo) et un mineur qui a été remis à l’ICBF.

Source : https://www.telesurtv.net/news/colombia-ministro-defensa-control-politico-congreso-muerte-civiles-20220407-0033.html