SUR LA VOIE DU MULTILATÉRALISME INTÉGRATIONNISTE

Foto de familia de los participantes en la Celac (Foto: @GobiernoMX / Twitter)

LE CELAC S’ENGAGE POUR LA DÉFENSE DE LA SOUVERAINETÉ ET CONTRE LES SANCTIONS

Le 6e sommet de la CELAC, qui s’est tenu à Mexico le 18 septembre, a réuni les chefs d’État et de gouvernement et les représentants de 33 pays d’Amérique latine et des Caraïbes pour appeler à une réponse commune à la nouvelle épidémie. La tendance générale du groupe, y compris de certains pays d’Amérique latine qui ont longtemps été sous l’influence et même le contrôle du gouvernement américain, a été de critiquer sévèrement l’intervention de Washington.

Les pays membres ont adopté une déclaration principale en 44 points, connue sous le nom de “Déclaration de Mexico”. Son élaboration et son adoption ont été le résultat de plusieurs mois de travail conjoint et la synthèse de la voix unifiée des États membres.

En outre, des documents spéciaux ont été signés sur l’embargo économique contre Cuba et la question territoriale liée aux Malouines. Les pays ont également convenu de créer un fonds de lutte contre le changement climatique, qui a levé 15 millions de dollars le jour même du début du sommet. Selon Marcelo Ebrard, secrétaire d’État aux affaires étrangères du Mexique, les pays développés ont promis  100 milliards de dollars à la lutte contre ce problème.

LA DÉCLARATION DU MEXIQUE : DÉFENSE DE LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT ET REJET DES MESURES COERCITIVES UNILATERALES

Comme mentionné ci-dessus, la Déclaration de Mexico rassemble les demandes de tous les pays de la région, avec un accent particulier sur les actions visant à combattre la pandémie de covid-19 et ses effets sanitaires, économiques et sociaux sur les populations, ainsi qu’à faire face à la crise environnementale causée par le changement climatique.

 

Dans les premiers points du document, la CELAC souscrit à “la construction d’un ordre international plus juste, inclusif, équitable et harmonieux, fondé sur le respect du droit international et des principes de la Charte des Nations unies”. Parmi ces principes, il met en avant l’égalité des États, la coopération internationale pour le développement, la non-intervention dans les affaires intérieures de chaque territoire et la recherche de solutions pacifiques aux conflits.

Sachant que la plupart des problèmes de la région sont, d’une manière ou d’une autre, liés à l’intervention du pouvoir corporatif qui repose sur les pays riches, principalement les États-Unis et l’Union européenne, la réaffirmation du point 3 de la déclaration est importante, car elle défend le droit de chaque État à construire son propre système politique, “à l’abri des menaces, des agressions et des mesures coercitives unilatérales dans un climat de paix, de stabilité, de justice, de démocratie et de respect des droits de l’homme”

MV

@Mission_Verdad

La présence de Nicolás Maduro au sommet de la CELAC démonte les prédictions de 2019 et 2020, qui annonçaient une “chute imminente” de son gouvernement, qui, selon le président colombien Iván Duque, “n’avait plus que quelques heures à vivre”.

Lectures cardinales du discours de Maduro au sommet de la CELAC

Le président Nicolás Maduro est arrivé au Mexique et a prononcé un discours lors de la session plénière du sixième sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).

misionverdad.com

12:07 a.m. – 21 sept. 2021celac mexico.jpeg”.

22 Sep 2021, 7:50 am.

Photo de famille des participants au Celac (Photo : @GobiernoMX / Twitter)

Plus loin, au point 20, la position de la CELAC sur l’utilisation de mesures coercitives unilatérales est développée plus en détail :

Elle réitère son rejet de l’application de mesures coercitives unilatérales, contraires au droit international, et réaffirme son attachement à la pleine validité du droit international, au règlement pacifique des différends et au principe de non-intervention dans les affaires intérieures des États.

 

Ce rejet catégorique est essentiel pour des pays comme le Venezuela et Cuba, soumis à un siège économique, commercial et financier qui, dans le cas du premier, dure depuis plus de cinq ans, et dans le cas du second, depuis plus de six décennies. Les gouvernements des deux pays ont épuisé toutes les ressources et instances pour dénoncer le crime des “sanctions”.

La position d’un organisme régional ajoute du poids à la campagne active pour l’effacement de ces mesures mises en œuvre par l’Occident à des fins purement politiques, liées au maintien de son influence et de son contrôle sur les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Elle constitue également une action défensive préventive contre l’éventualité d’autres politiques de sanction à l’encontre d’autres pays.

Le 7 juillet 2021, l’assassinat du président haïtien a secoué la région et exposé l’État colombien comme un agent promouvant la violence politique dans la région, coïncidant avec sa conspiration dans un autre lieu géographique, Caracas, participant à Le 7 juillet 2021, l’assassinat du président d’Haïti a secoué la région et exposé l’État colombien comme un agent favorisant la violence politique dans la région, coïncidant avec sa conspiration dans un autre lieu géographique, Caracas, participant à l’avancée des bandes criminelles organisées dans les quartiers populaires de la capitale vénézuélienne. Comment le document de la CELAC répond-il à des situations de cette nature ?

 

Il indique au point 5 que l’Amérique latine et les Caraïbes doivent être consolidées en tant que zone de paix dans laquelle règne un “climat de respect mutuel et de confiance entre les États membres de la CELAC”, faisant référence au fait que c’était l’accord du sommet tenu à La Havane en 2014.

 

La condamnation de l’assassinat du président haïtien est suivie du rejet de :

 

(…) la violence dans toutes ses expressions et appelle au dialogue pour le rétablissement de la paix dans le pays. Elle est convaincue que ce crime ne restera pas impuni et réaffirme ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis, au peuple et au gouvernement haïtiens, et réitère son plein soutien et sa solidarité. Elle s’engage à consolider notre coopération avec Haïti pour son redressement, sa stabilité et son développement dans un climat de paix.

En ce qui concerne les mesures prises et à prendre pour faire face à la crise sanitaire déclenchée par la pandémie de covid-19, la déclaration indique aux points 7, 8 et 9 :

-La production de vaccins anti-covirus doit être démocratisée et tous les obstacles à un accès juste et équitable aux vaccins doivent être levés.

-La “communauté internationale” et l’industrie pharmaceutique mondiale doivent se joindre aux efforts déployés par les gouvernements et les organisations multilatérales pour faire en sorte que les vaccins, les médicaments, les fournitures et les équipements médicaux puissent être obtenus rapidement et à des prix abordables.

-La CELAC propose sa plateforme comme un espace pour “accroître la coopération et la solidarité internationales”, dans le but de renforcer les capacités et les infrastructures de la région pour la production et la distribution de vaccins.

-Elle reconnaît également le gouvernement cubain pour le développement, la production et la fourniture (au niveau national et à l’étranger) de vaccins cubains (Abdala, Soberana 02 et Soberana Plus), ainsi que la coopération entre l’Argentine et le Mexique pour produire et distribuer des vaccins développés par des entreprises pharmaceutiques extérieures à la région, comme Sputnik V.

-Il mentionne les recherches scientifiques menées à Cuba (Soberana 01, Manbisa, Pasteur et PanCorona), au Mexique (Patria), en Argentine (ARVAC Cecilia Grierson), au Chili (PedCoVax) et au Brésil (ButanVac) pour introduire de nouvelles options régionales d’immunisation contre le coronavirus.

Afin d’atténuer les effets économiques négatifs de la pandémie, accélérés par l’appât du gain des groupes mondiaux d’entreprises qui n’ont pas cédé même face à un événement mondial néfaste, le document de la CELAC demande, au point 18, que les institutions financières garantissent des mécanismes de financement durables pour la reprise économique et sociale des pays de la région, et ce de manière équitable, en appelant d’urgence à une révision des prêts du Fonds monétaire international (FMI) :

(…) en tenant compte notamment des besoins particuliers de chacun des pays dans le contexte de la pandémie actuelle, afin de contribuer au financement des pays qui en ont le plus besoin, tout en maintenant la solidité financière de cette institution.

 

Le document aborde ensuite le mécanisme des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI et réaffirme que la CELAC “soutient l’établissement immédiat de mécanismes de redistribution des DTS pour tous les pays vulnérables, y compris les pays à revenu intermédiaire”.

 

Les DTS sont des prêts financiers supplémentaires qui ne représentent pas une dette classique envers le FMI. Par ce canal, 650 milliards de dollars ont été autorisés, auxquels ont droit les 190 pays membres de l’institution. L’État vénézuélien a demandé le déblocage des fonds qui lui reviennent, soit 5,1 milliards de dollars, qu’il espère voir utilisés après un accord qui pourrait être signé prochainement à la table de dialogue et de négociation au Mexique.

Al Mayadeen

@almayadeen_es

Le Venezuela va-t-il contracter une dette auprès du FMI ? Le fonds lui-même le précise http://es.mdn.tv/9y5v #Venezuela #IMF #Dette #MonetaryFund #9Septembre @Mision_Verdad

 

Selon le document, le fait que les pays à revenu faible et intermédiaire aient accès au financement leur permettra de “répondre aux multiples besoins découlant de la pandémie et de ses effets négatifs sur leurs économies”.

 

En ce qui concerne la lutte contre le changement climatique, une question qui fait l’objet d’une déclaration spéciale, les États membres de la CELAC s’engagent à travailler sur les agents qui le déclenchent, en tenant compte de ce qui est exprimé dans le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), afin d’établir une “relation de développement durable et en harmonie avec la nature”.

AUTRES DECLARATIONS : REJET DES SANCTIONS CONTRE CUBA ET SOUTIEN AUX DROITS DE L’ARGENTINE SUR LES MALOUINES
Dans la lignée du rejet de l’utilisation de mesures coercitives unilatérales, la CELAC a publié la Déclaration spéciale sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier des États-Unis d’Amérique contre Cuba.

Le texte souligne que les mesures de blocus visent à empêcher les peuples d’exercer leur droit souverain de construire leur propre système politique, économique et social, ce qui est contraire au droit international. La CELAC exhorte les États à mettre fin aux lois extraterritoriales qu’ils ont émises.

Il prend ensuite le cas particulier de Cuba, rappelant que depuis près de 20 ans (1992), l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) a émis 29 résolutions demandant la levée du blocus contre l’île, la dernière ayant recueilli un consensus presque absolu, à l’exception de celui qui est à l’origine des “sanctions” et de quelques gouvernements subordonnés.

L’appel à renverser cette situation s’adresse principalement au président des États-Unis et au Congrès américain, qui ont le pouvoir de supprimer le blocus contre Cuba, tandis que les autres parties concernées sont invitées à se conformer aux résolutions des Nations unies sur la question.

. Les attaques économiques contre Cuba se sont intensifiées à l’un des moments les plus complexes pour toutes les sociétés du monde, l’année de la déclaration de la pandémie de covid 19, qui a entraîné un scénario beaucoup plus complexe pour la population cubaine que celui auquel elle a dû faire face dans d’autres territoires. La CELAC souligne ce contexte lorsqu’elle décrit l’impact négatif du blocus sur les activités économiques du pays.

Un autre conflit abordé lors du sommet de Mexico est celui des îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et des zones maritimes environnantes, que la République argentine revendique légitimement comme faisant partie de son territoire.

(...) les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes chargent la présidence pro tempore de demander au Secrétaire général des Nations unies de redoubler d’efforts dans l’accomplissement de la mission de bons offices que l’Assemblée générale lui a confiée par le biais de résolutions successives, afin que les négociations reprennent en vue de trouver le plus rapidement possible une solution pacifique au différend susmentionné, et de les informer périodiquement des progrès réalisés dans l’accomplissement de sa mission.

La position établie par la CELAC face à l’appropriation coloniale par le Royaume-Uni montre la volonté de la plateforme régionale de défendre la souveraineté du sol américain et caribéen, toujours dans le cadre de l’utilisation de voies pacifiques pour résoudre les conflits.

 

FORUM LATINO AMERICAIN ET CARIBEEN EN DEFENSE DES INTERETS DES PEUPLES

L’Amérique latine et les Caraïbes semblent se trouver dans une nouvelle phase de revitalisation du processus d’intégration régionale, malgré le fait qu’il existe encore des opérateurs belliqueux avec lesquels il est nécessaire de coexister, et c’est là que la CELAC a une influence.

L’organisation, fondée il y a dix ans comme une initiative conjointe dans laquelle le Venezuela a joué un rôle de premier plan (avec Hugo Chávez à sa tête), démontre une fois de plus l’importance de son rôle dans le maintien de la paix, de la stabilité et du développement équitable dans la région.

 

Les déclarations publiées après la réunion de Mexico sont l’expression de la voie empruntée, éloignée de ce qui pourrait résulter d’organisations anachroniques comme l’OEA, qui ne sortent pas de l’influence et même du contrôle des États-Unis. Il est clair qu’au sein de la CELAC, l’agenda commun des 32 pays membres est axé sur un multilatéralisme authentique pour surmonter les difficultés et créer des opportunités ensemble, au-delà des différences idéologiques et politiques qui rassemblent l’organisation.

Source : Mision Verdad