Actions répressives dénoncées en pleine grève nationale en Colombie

Les agents de l’Esmad ont réprimé des manifestations dans des villes telles que Bogota (capitale), Medellin et Cali. | Photo : EFE

Publié le 28 avril 2021

Plus de 20 points de concentration ont été signalés dans tout le pays pour demander l’abrogation de la réforme fiscale présentée par le président Duque.

Les manifestants de la grève nationale en Colombie contre la réforme fiscale promue par le gouvernement du président Ivan Duque, ont dénoncé mercredi la répression de l’escouade mobile anti-émeute (Esmad) survenue dans plusieurs villes comme Cali, Medellin et Bogota (capitale).

“L’Esmad est arrivé pour disperser tout le monde. Les gens étaient calmes, sans faire de dégâts et ils (les Esmad) sont arrivés pour tout mettre en feu”, a déclaré un des manifestants à un média local à Medellín, où les manifestations se sont déroulées pacifiquement jusqu’à midi ce jour.

La conseillère municipale de cette ville, Dora Saldarriaga, a dénoncé sur les réseaux sociaux l’agression des uniformes. “Les gens étaient pacifiques et les Esmad sont arrivés pour intimider et dissoudre la marche (…) nous demandons au maire d’appeler la police pour donner l’ordre de ne pas attaquer la population”, a-t-elle déclaré sur Twitter.

Le grand groupe de personnes qui s’est mobilisé à Bogota (capitale) a également été réprimé par les agents de l’Esmad, à midi, après avoir parcouru plusieurs rues de la ville pour atteindre la place historique de Bolivar, où ils ont commencé les actions violentes pour mettre fin à la manifestation.

Pendant ce temps, dans la ville de Cali, des émeutes et des actions violentes contre la population ont également été signalées. Les médias ont fait état de plusieurs blessés et les autorités locales ont compté un mort. Un couvre-feu a également été déclaré dans la ville susmentionnée.

Le maire de Cali, Jorge Ivan Ospina, a décrété le couvre-feu à partir de 15H00 (heure locale) dans l’après-midi. Cependant, la mesure est entrée en vigueur à 13h00 (heure locale), avec toutefois une marge permettant aux manifestants de rejoindre leur domicile.

Pour sa part, le ministre colombien de la Défense, Diego Molano, a déclaré avant les mobilisations massives que 554 membres de la police, 300 agents de l’Esmad et 450 soldats de l’armée avaient été déployés pour tenter de contrôler la situation d’agitation dans la ville.

“Suite aux actes de vandalisme à Cali, nous avons pris la décision de renforcer la force dans cette ville avec 554 hommes de la police colombienne, 300 de l’Esmad et 450 soldats de l’armée, pour garantir la sécurité des citoyens, des entités publiques et du commerce”, a déclaré Molano.