Guatemala, des députés torturent un peuple déjà moribond

20 novembre 2020, par Itzamná Ollantay
 

Le Guatemala est un pays formé par une population totale de 15 millions d’habitants provenant de peuples Maya, Mestizo, Xinca et Garifuna gouverné par une élite politique créole depuis près de deux siècles.

C’est un pays où plus de 10 millions de personnes se trouvent en situation de pauvreté, et où la malnutrition infantile atteint une moyenne de 7 pour 10 enfants de moins de cinq ans.

En contraste avec cette réalité de misère, le Guatemala a un Produit Intérieur Brut (PIB) de près de 70 000 millions de dollars ce qui en fait le pays le plus riche de toute l’Amérique Centrale, et même plus que d’autres pays du continent comme la Bolivie. Mais la richesse est immoralement accaparée par une dizaine de familles qui constituent une sorte de caste.

A ce contraste extravagant, s’ajoute le fait que le Guatemala a et maintient le gouvernement économiquement le plus cher d’Amérique Centrale et de beaucoup de pays de la région.

Son président de la République reçoit à peu près l’équivalent de 18000 dollars par mois ! Dans la Résidence Présidentielle, on dépense pour les repas journaliers une moyenne de plus de 4000 dollars !  Alors que la grande majorité des familles n’a même pas l’équivalent de deux dollars pour son alimentation journalière. Mais, c’est cela le Guatemala.

Bien qu’à cette énorme inégalité bicentenaire se soit encore ajoutés les impacts méconnus de la pandémie, le Congrès de la République, formé par 160 députés de différents partis, y compris de gauche, vient de serrer un peu plus la corde qui étrangle le peuple du Guatemala appauvri et mal nourri.

Le budget général de la nation pour 2021, approuvé par le congrès de la République ces derniers jours, non seulement augmente de presque 25 %, mais il supprime le très petit budget des programmes sociaux comme le « zéro faim » qui tentait de lutter contre la malnutrition infantile. Il augmente particulièrement, et sans autre explication, le budget du Congrès de la République, le PARLACEN, entre autres.

Le plus insupportable pour les guatémaltèques, et qui incommode même la caste seigneuriale, c’est que ce fameux budget doit être couvert par un endettement public supplémentaire.

Le pays lève à peine par les impôts et les taxes 50 % du budget de 2021. Le reste devra être couvert par des dons internationaux et plus de dette publique. Aujourd’hui, chaque guatémaltèque naît déjà avec une dette publique moyenne équivalent à 1300 dollars (près de 10 000 Q)

Combien coûte au Guatemala chaque député ?

Non seulement le Guatemala a le président le plus cher de la région, mais ses députés sont parmi les plus chers du continent.

Chaque député et son équipe coûte en moyenne aux peuples du Guatemala l’équivalent de 27 dollars par mois (202.000 Q). Le Congrès de la République appauvrie du Guatemala ne coûte rien moins qu’une moyenne de 4.320.000 dollars par mois (32.4 millions Q). Avec le budget voté pour 2021, ce montant sera encore plus élevé.

 N’est-ce pas immoral, anti-chrétien, qu’un ou une députée gaspille tant d’argent dans un pays dont l’avenir immédiat est annihilé par la malnutrition infantile et des dettes impayables ? Pourquoi les quelques députées de gauche ne renoncent-ils-elles pas à ces dépenses infernales par assesseurs ? Dans un pays aussi appauvri que le Guatemala, on ne peut pas dépenser 200.000 Q par mois pour rien ! C’est immoral, inhumain. C’est criminel ! Les députés, de même que le président de la République, avec ces actions, deviennent les ennemis intérieurs mortels des peuples du Guatemala.

En conséquence, la résistance populaire, le rejet, la désobéissance civile, c’est ce que mérite, au minimum, un pays dont la démocratie est faite pour faire mourir de faim les peuples. Il est urgent que se constitue un processus d’Assemblée Constituante Plurinationale pour repenser le Guatemala.

Source : teleSUR

Traduction : FAL 33,