Guatemala : tant va la cruche à l’eau…

Par: Guillermo Alvarado

Le Guatemala a vécu une fin de semaine intense, lorsque des centaines de milliers de personnes  dans presque tout le pays sont sorties dans la rue protester contre le budget de la nation, approuvé par le Congrès de la République après la proposition faite par le président Alejandro Giammattei.

Depuis des mois, le climat politique est tendu dans ce pays centraméricain à cause du manque de confiance de la population dans les autorités qu’elle accuse d’utiliser de façon inadéquate les fonds publics.

La colère est montée en flèche quand on a appris qu’au cours de la réunion secrète qui s’est tenue mercredi dernier à l’aube, les députés ont donné le feu vert au projet de l’exécutif  qui a de grandes coupes sur les dépenses dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la gestion des droits de l’Homme et de la protection sociale.

En revanche, l’on a augmenté les fonds destinés à des secteurs qui sont traditionnellement source de corruption, comme les ouvrages d’infrastructure, en général très chers et très déficients.

Réduire l’investissement dans la santé dans un pays plongé dans une grave crise sanitaire à cause du Covid-19, qui a infecté presque 120 mille personnes et tué 4 mille autres, selon des chiffres conservateurs et qui a été dévasté par les ouragans Eta et Iota, a été considéré par beaucoup comme un acte criminel.

Le budget d’un état est, comme chacun sait, le portrait le plus exact de l’orientation du gouvernement en place. La façon dont sont investies les ressources révèle, au-delà des discours, les intérêts suprêmes de ceux qui ont été élus par la population pour les gérer.

Un fait qui a attiré beaucoup l’attention dans les protestations de samedi dernier dans la Ville de Guatemala a été l’incendie d’une partie du siège du Congrès, supposément causé par des manifestants exaltés et violents.

Il y a des images qui parcourent  les réseaux sociaux dans lesquelles l’on voit un petit groupe, pas des centaines ou des milliers comme le prétendent certains médias, qui ont brisé les fenêtres pour jeter à l’intérieur des substances inflammables et la police se trouvait à deux ou trois mètres de distance.

Les agents n’ont absolument rien fait pour empêcher cet acte de vandalisme, qui a servi d’excuse au président Giammattei pour justifier la répression et menacer de châtiments sévères ceux qui manifestent.

Il s’agit d’une crise politique en développement et avec une fin imprévisible. Quelques heures avant le début des marches, le vice-président, Guillermo Castillo Reyes, a fait une déclaration publique demandant au chef d’état de présenter ensemble leur démission pour apaiser l’indignation populaire.

La fracture dans la formule de gouvernement ajoute de nouveaux éléments à une situation qui s’aggrave car, comme le dit le proverbe, tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se brise.

Source : Bolivar Info