Il faut retrouver l’unité latino-américaine

L’intense journée du président Alberto Fernandez en Bolivie

 Depuis son arrivée à La Paz, Alberto Fernandez a reçu la bienvenue, l’affection et les remerciements – aussi bien des gens d’en bas que des législateurs et des dirigeants politiques officiels- pour avoir été un des protagonistes de l’opération qui, il y a un an, a sauvé la vie au président d’alors Evo Morales et à son vice-président Alvaro Garcia Linera pendant le coup d’état. Le président argentin a tenu, pendant ses heures de présence dans la capitale bolivienne, des réunions bilatérales avec le président Luis Arce et avec le colombien Ivan Duque. Il s’est joint également au vice-président d’Espagne Pablo Iglesias et à Arce pour la « Déclaration pour la Paix en Défense de la Démocratie » (voir à part). En ce qui concerne le premier représentant de l’État Plurinational de Bolivie, Fernandez a dit qu’il travaillera « de très près » et qu’il se mobilisera pour « faire de l’Amérique Latine une unité régionale ».

 « Aujourd’hui est un jour très important pour l’Amérique Latine parce que la Bolivie retrouve la démocratie qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Mes vœux les plus chers à Arce avec mon amour, ma tendresse et mon engagement auprès du peuple bolivien pour cette nouvelle étape qui commence », a écrit Alberto Fernandez sur ses réseaux sociaux. Le Président est resté quelques petites heures en Bolivie mais seulement pour aller jusqu’à la ville de La Quiaca (province de Jujuy). Là, il a dîné avec Evo Morales qu’il accompagnera pour passer la frontière. Au gouvernement, on a assuré que ce lundi matin, le Président « ira jusqu’à la frontière avec Evo Morales pour lui dire au revoir » après un an d’exil en Argentine.

 La cérémonie au cours de laquelle Arce a pris le pouvoir s’est déroulée dans l’hémicycle de l’Assemblée Législative Plurinationale de Bolivie, et ensuite, avec plusieurs fonctionnaires, Fernandez a signé la Déclaration de La Paix ». Le Président a raconté qu’il avait déjà discuté avec Arce à propos de « quelques idées » lorsque le candidat d’alors avait visité Buenos Aires. Lors d’un entretien avec les médias locaux, Fernandez a affirmé :  « Nous avons beaucoup de choses en commun, nous sommes le premier et le second pays producteurs de lithium ; le lithium est l’énergie du futur et nous avons beaucoup  à faire ensemble pour cela », et il s’est engagé à travailler « très près » du gouvernement Bolivien.

 Après la cérémonie, les délégations internationales ont pris part à un repas composé de plats de la gastronomie bolivienne à La casa Grande del Pueblo. Fernandez y a reçu de nouveau des remerciements et, après la photographie officielle, Fernandez et Arce ont tenu une réunion bilatérale à laquelle ont assisté Choquehuanca, et le chancelier argentin Felipe Sola.

 Fernandez a souligné qu’en Bolivie « le cauchemar qui a duré exactement un an est terminé »et qu’il se sentait « très content que le peuple bolivien se soit exprimé et que nous ayons des autorités légitimement constituées ».

 Fernandez a aussi tenu des réunions bilatérales avec son homologue de Colombie Ivan Duque, avec le roi d’Espagne Felipe VI, avec le vice-président espagnol Pablo Igelsias, et avec le candidat à la présidence de l’Equateur Andrés Arauz. A propos de sa réunion avec les espagnols, le Président a dit qu’ils sont tombés d’accord pour « renforcer » leurs liens pour « surmonter » l’épidémie de coronavirus avec la « collaboration de tous ».

 Sur la réunion bilatérale avec Duque, le président argentin a dit qu’ils ont échangé « des opinions sur les dilemmes du président et l’avenir de ma région »et, comme il l’a écrit sur son compte twitter, Fernandez a affirmé qu’avec le colombien « nous sommes d’accord sur l’idée que l’unité continentale sera clé pour la reconstruction économique. »

 Le Ministre de l’intérieur, Eduardo « Wado » de Pedro, qui a montré beaucoup d’émotion pendant toute la cérémonie, a souligné sur ses réseaux sociaux l’attitude négative de l’opposition bolivienne qui s’est retirée de la salle avant le début du discours du président Arce. « L’extrême droite accepte la démocratie seulement quand c’est elle qui gagne », a-t-il twitté.

 La délégation qui accompagnait le représentant argentin en Bolivie était composée par le chancelier, le ministre de Pedro, la ministre de « femmes, genres et diversité » Elisabeth Gomez Alcorta, le sénateur Jorge Taiana, le député Eduardo Valdés et le secrétaire des Affaires Stratégiques Gustavo Beliz, le secrétaire général de la présidence Julio Vitobello et le secrétaire de la Communication et de la Presse Juan Pablo Biondi.

Source : Página|12

Traduction : FAL 33