Indignation au Panama

Les réseaux sociaux et les médias alternatifs du Panama s’indignent aujourd’hui des menaces proférées par Mauricio Claver-Carone, conseiller spécial du président des États-Unis pour l’Amérique Latine, au sujet du recrutement éventuel de médecins cubains.

Quelques heures à peine après que le président panaméen, Laurentino Cortizo, ait annoncé que des négociations étaient en cours avec Cuba pour l’envoi de brigades de spécialistes dans le pays, Claver-Carone a annoncé publiquement une visite immédiate dans cette capitale d’une délégation de haut niveau conduite par Robert O’Brien, conseiller nord-américain à la Sécurité nationale.

Dans son message public, Claver-Carone a insisté sur la campagne du gouvernement de son pays contre la prestation de services internationaux de santé de Cuba et a déclaré qu’un tel message est destiné « à tout gouvernement qui envisage d’engager des médecins avec le gouvernement cubain ».

Connu comme l’un des faucons de l’administration actuelle, le conseiller a répété que l’accord serait avec l’État antillais et non directement avec les médecins, dont les États-Unis considèrent le traitement salarial comme une violation des droits de l´Homme, qu’il a déclaré défendre.

« Que les États-Unis d’Amérique remettent en cause la collaboration de Cuba est une ingérence irrespectueuse dans nos relations internationales. Je voudrais que les États-Unis ou d’autres pays proposent également de collaborer avec le Panama durant cette crise sanitaire », a écrit sur Twitter le recteur de l’Université de Panama, Eduardo Flores.

Une autre déclaration largement partagée a été celle de Eloy Alfaro, un ancien combattant panaméen à Washington, qui a écrit sur ce réseau social: « Nous critiquons les médecins cubains qui pourraient venir nous soutenir. Et je me demande : où sont les médecins gringos qui nous soutiennent ? ».

Un message fort a été envoyé ce week-end par le Forum social de Panama qui, dans l’un de ses documents finaux, a rejeté l’ingérence parce que « nous ne sommes ni un protectorat, ni une colonie, ni un Etat associé des Etats-Unis ».

La composition même de la délégation nord-américaine éveille les soupçons, car en plus d’O’Brien et de Claver-Carone, le commandant Craig Faller, chef du commandement sud de l’armée des États-Unis, et Adam Boehler, président de la Société de développement financier du Nord, en font partie.

Selon le Forum social, le contexte politique de la rencontre se caractérise par la résurgence de la Doctrine Moroe, c’est-à-dire « L’Amérique pour les (nord) américains » et, en conséquence, l’administration de Donald Trump renforce le blocus de Cuba, tout en encourageant des coups d’État comme en Bolivie, tentant également de les reproduire au Nicaragua et au Venezuela.

En cinq mois de pandémie de Covid-19 au Panama, le gouvernement nord-américain n’a fait que de timides donations et quelques promesses d’aide de Trump lui-même, mais c´est seulement maintenant que le dénommé « conseiller spécial du président » signale que ce lundi « quelques annonces sur des questions de coopération en matière de santé » seront faites.

La campagne contre la coopération médicale internationale cubaine est qualifiée de calomnieuse par les autorités de l’île, qui prétendent que c’est un prétexte pour durcir le blocus contre Cuba au milieu de la pandémie de Covid-19, tout en essayant de détourner l’attention de la mauvaise gestion de la crise sanitaire par le propre gouvernement nord-américain.

Des organisations sociales panaméennes, comme le Front national pour la défense des droits économiques et sociaux, se sont mobilisées pour dénoncer l’ingérence des États-Unis dans les affaires du Panama et réclamer leur droit de recevoir une aide internationale de la part de toute nation prête à offrir une telle aide, qui jusqu’à présent n’a été proposée que par Cuba.

Les autorités du Panama ont déclaré qu’elles ne renonçaient pas à ce droit étant donné la situation actuelle de la crise qui, pour sauver des vies, oblige à rechercher d’urgence des spécialistes médicaux insuffisamment nombreux dans le pays, ce qu’elles ont démontré par des exemples et des chiffres.

Source : Prensa-latina.

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