Déploiement policier et militaire à Santa Cruz, en Bolivie

La Central Obrera Boliviana, soutenue par des organisations sociales et indigènes, a appelé à une grève générale illimitée, en l’absence d’accord avec le gouvernement de facto. | Photo : EFE

Publié le 10 août 2020

Les protestations se poursuivent dans tout le pays, de nouvelles organisations indigènes et sociales se joignant à l’appel.

Selon les médias boliviens locaux, le gouvernement de facto a mobilisé, ce lundi, des policiers et des militaires dans le but de lever les blocages et les protestations à Santa Cruz.

Lors d’une interview accordée à l’émission Al Día Bolivisión, la ministre de la présidence de facto, Yerko Núñez, a déclaré que « les principales villes sont aujourd’hui militarisées pour assurer la sécurité de leurs citoyens ».

Dans ce contexte, ce lundi, l’Association pour les droits de l’homme de Bolivie a dénoncé que trois citoyens ont été blessés par balles et ont été emmenés de la communauté de San Martin, dans la municipalité de San Ignacio de Velasco, département de Santa Cruz, à la clinique “Manantial de Vida” de cette ville, parce qu’ils présentaient un état médical grave.

Les blessés sont Octavio Carballo Colque, 27 ans, Ever Alba, 17 ans et Aniceto Yale, 32 ans, qui nécessitent des soins spécialisés, voire une intervention chirurgicale d’urgence.

« Les trois personnes ont été blessées lorsqu’un groupe de personnes armées a tenté de débloquer violemment le barrage routier coupé par la communauté (producteurs d’arachides) de Santa Rosa de la Roca, dans la province de Velasco, à 45 minutes de la communauté de San Martin », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

« Nous dénonçons auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme que des groupes de mercenaires armés financés par le gouvernement de facto s’attaquent au droit à la vie des citoyens boliviens », conclut la déclaration, rendue publique sur le réseau social Facebook.

Ces derniers jours, la Central Obrera Boliviana (COB) a appelé les manifestants à laisser passer de l’oxygène et des fournitures médicales afin de ne pas nuire à la situation des hôpitaux nationaux dans leur lutte contre Covid-19.

Ainsi, ils ont déclaré qu’ils continueront à faire grève jusqu’à ce qu’un accord soit conclu qui permette la tenue d’élections générales en septembre.

Pour leur part, les jeunes du Mouvement vers le socialisme – Instrument politique pour la souveraineté des peuples (MAS-Ipsp) ont appelé la Bolivie à soutenir la grève de la faim que les groupes et organisations sociales maintiennent devant le Tribunal suprême électoral (TSE), en exigeant le rétablissement de la démocratie dans le pays.

Les protestations de la jeunesse militante du MAS-Ipsp s’ajoutent aux mobilisations de la COB et aux blocages des différentes forces sociales de la nation sud-américaine, qui réclament non seulement une date définitive pour les élections mais aussi la démission de la présidente de facto, Jeanine Añez.

Dans les dernières heures, Juventudes “Waris”, de Warisata, dans le département de La Paz, s’est joint aux protestations. A leur tour, les Ponchos Rojos, une organisation indigène basée dans la région andine d’Omasuyos, ont appelé les paysans des autres provinces à défiler en masse vers la capitale afin d’encercler le siège du gouvernement.

Les habitants et les organisations sociales des municipalités de Zudañez et Santa Rosa ont dénoncé les abus de l’administration Añez et la façon dont les groupes paramilitaires ont attaqué avec des projectiles les citoyens qui étaient mobilisés pour exiger des élections générales.

A Cochabamba, les manifestations se poursuivent pour la septième journée consécutive, et à partir de ce lundi, elles vont radicaliser les blocages au kilomètre 128 de l’autoroute Cochabamba-Oruro.

La Fédération unique des travailleurs paysans de Pando a critiqué le gouvernement de facto pour ne pas avoir respecté ses obligations et avoir mis en danger la vie, la santé et l’économie des Boliviens.

Dans ce contexte, la Commission des droits de l’homme de la Chambre des députés a répudié les actions de l’exécutif de facto contre la population bolivienne, lequel a ordonné à la police nationale de réprimer arbitrairement et abusivement les manifestants qui réclament leurs droits sociaux.

Les autorités de facto n’ont pas réussi ce dimanche à résoudre le conflit, car les principaux dirigeants sociaux n’ont pas répondu à l’invitation au dialogue. Juan Carlos Huarachi, le représentant maximum de la COB, a déclaré qu’il ne participerait à une réunion du gouvernement de facto en raison de la répression aux points de blocage.

Dix mois après le coup d’État contre l’ancien président Evo Morales, le conseil départemental de l’aile jeunesse du MAS à La Paz a appelé les forces régionales de tout le pays et les groupes universitaires à soutenir la protestation contre le TSE comme un rejet de la manipulation des élections générales.

Le candidat à la présidence du MAS-Ipsp, Luis Arce, a dénoncé sur son compte Twitter les menaces, intimidations et agressions subies par les jeunes lors des grèves de la faim pacifiques, intimidations menées par des groupes de choc violents cherchant à faire convulser la Bolivie.

Source : teleSUR

Traduction : FAL 33