Les armées du Brésil et de la Colombie travaillent pour le Commandement Sud

Trump, Esper ET Faller réunis dans le quartier général du Commandement Sud, Doral, Florida. Foto: Michael C. Dougherty / U.S. Southern Command Public Affairs.

Pendant ces dernières années, nous avons vu comment l’armée des Etats-Unis s’infiltre de plus en plus dans les structures militaires latino-américaines et des Caraïbes. Les opérations multinationales dans la région ne sont que la partie visible de l’iceberg qui frisent le spectacle, d’une organisation transnationale sont l’épicentre se trouve dans les bureaux du Pentagone, en Virginie, Etats-Unis.

Un des 10 commandements de l’armée étasunienne, qu’on appelle le Commandement Sud, est chargé de préserver militairement les intérêts de l’Union et des diverses industries et groupes de pouvoir qui contrôlent l’appareil politique, économique et culturel de l’anglo-empire dans ce que Washington considère comme « l’arrière-cour de l’Amérique du Nord.

L’Amérique du Sud, sous la domination et sous la dépendance des Etats-Unis, a été un territoire destiné à repositionner les Etats-Unis dans son déploiement militaire unilatéral avec plus de 70 bases dans les pays de la région, le Panamá (12) et la Colombie ( 9) étant les pays qui en ont le plus. Sans bases, il n’y a pas d’empire.

L’infiltration de l’armée étasunienne dans les structures militaires de certains Etats en Amérique du Sud, par l’intermédiaire du Commandement Sud, s’est renforcée au point que certaines armées nationales semblent prêtes à ne laisser aucune brèche à la souveraineté et à l’indépendance de leurs bases fondamentales.

C’est ce que confirme la visite du président Donald Trump au quartier général du Commandement Sud, à Doral, état de Floride, en compagnie du secrétaire à la Défense, Mark Esper, où il a fait un bilan officiel de la soi-disant « lutte contre les drogues » dans la région.

Devant Trump, l’amiral Craig Faller, chef du Commandement Sud, a décidé de présenter 2 hauts gradés sud-américains, un colombien et un Brésilien, en les qualifiant d’employés directs de son bureau : « Ils travaillent pour moi. »

La Colombie, nous le savons, est plongée dans lé dépendance militaire des Etats-Unis, elle prête et attribue des territoires et des bases locales à de hauts gradés de l’armée des Etats-Unis, pour qu’ils y déploient et y préparent leurs opérations. De plus, elle est associée mondiale de l’OTAN, la principale alliance militaire du monde dirigée par le Pentagone, ce dont le Commandement Sud, cette année, se félicite puisque la Colombie, avec le Brésil et le Chili, « continue à augmenter ses contributions à la sécurité mondiale. »

En plus d’assister le Commandement Sud de première main dans sa « lutte contre le trafic de drogues, » l’armée colombienne porte assistance à 6 pays d’Amérique Centrale dans le cadre d’un plan d’instruction militaire et policier rédigé par le Pentagone.

D’autre part, il y a le Brésil, dont l’armée, depuis l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir avec Michel Temer grâce à un cup d’Etat et ensuite de Jair Bolsonaro par les urnes, a décidé de travailler avec les Étasuniens au point de rejoindre, avec la Colombie et le Pérou, le Groupe de Travail Aérien-terrestre et Marin du Corps d’Infanterie de Marine dirigé par des officiers du Pentagone, qui opèrent dans tout l’hémisphère.

Ces mêmes pays sud-américains font partie des missions de l’USS Comfort, le navire hôpital militaire enseigne des Etats-Unis dans la région.

« Récemment désigné comme un allié important n’appartenant pas à l’OTAN et le dernier associé dans le Programme d’Association des Etats (SPP), nous travaillons en étroite collaboration avec le Brésil dans une gamme de « missions prioritaires, » a dit le Commandement Sud dans sa déclaration de position 2020.

Dans ce même document, il souligne que le Commandement Sud est, avec le Brésil, à l’avant-garde de la région « pour révéler des activités malintentionnées de la part de groupes terroristes comme l’Hezbollah libanais aux côtés du Chili, de l’Argentine et du Paraguay.

Jair Bolsonaro a offert une base militaire à Trump l’année dernière. La base d’Alcántara pourrait passer dans les mains des Etats-Unis. Ainsi, le Brésil confirmerait son hégémonie dans la région et deviendrait un pays à portée géopolitique bien que ruiné par Bolsonaro, dans les BRICS.

Les Etats-Unis autorisent le Brésil et la Colombie à utiliser des missiles et des avions de nationaux ou étrangers dont certaines parties ont été réalisées par leur complexe industriel et militaire. Dans leurs contrôles, il y a des clauses qui protègent la technologie étasunienne et établissent des normes pour les techniciens brésiliens et colombiens concernant l’utilisation des bases et la circulation dans leur périmètre. La Colombie et le Brésil ont déjà été envahis et conquis par cette partie du capital monopoliste qui fait des affaires dans la guerre et la carrière des armes.

C’est également pour cette raison qu’ils sont décrits comme des subalternes qui travaillent personnellement pour l’un des représentants clef du complexe industriel et militaire qui porte l’uniforme du Commandement Sud.

On ne peut comprendre cela sans tenir compte de la dimension géopolitique que représentent l’ascension de la Chine et son initiative de la Ceinture et de la Route en Amérique Latine et l’alliance stratégique de la Russie avec le Venezuela et d’autres pays anti-impérialistes mis sous blocus par Washington. Une dimension qui fait fonction d’alternative à l’unilatéralisme militariste des Etats-Unis.

Le siège du Commandement Sud contre nos pays est l’autre visage de la monnaie qui domine la doctrine militaire étasunienne, comme une menace sur les Etats encore souverains qui restent dans la région et une démonstration de force face au bloc émergent anti-hégémonique. Dans ce cadre, le Brésil et la Colombie sont 2 pays que le Pentagone préfère à l’état de laquais plutôt que souverains.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2020/07/22/el-cerco-sobre-america-latina-y-el-caribe-los-ejercitos-de-brasil-y-colombia-trabajan-para-el-comando-sur/

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