Álvaro Uribe Vélez, “le boucher” de Colombie

Misión Verdad 10/07/2020

L’ancien président colombien a été dépeint comme une figure clé assoiffée de sang dans la Colombie d’aujourd’hui. Photo : Archives

Ce mardi 7 juillet, le 23ème juge Civil du Circuit de Bogotá a informé du rejet de l’action en tutelle intentée par Álvaro Uribe Vélez contre l’avocat et criminologue colombien Daniel Mendoza Leal, créateur de la mini-série Matarife sortie en mai dernier, et que son nom fait référence au pseudonyme sanguinaire pris par le journaliste colombien Gonzalo Guillén pour l’ancien président.

L’action de tutelle est un mécanisme constitutionnel en Colombie qui se base sur le droit de chaque individu à protéger ses droits fondamentaux ; à différentes occasions, Uribe a appliqué cette action comme une diffamation.

La mini-série montre le cadre narco criminel de la Colombie sous la tutelle d’Alvaro Uribe Vélez. Examinons brièvement les faits.

La première triangulation : Club El Nogal, Salvatore Mancuso et Le Boucher

Salvatore Mancuso est un paramilitaire bien connu, trafiquant de drogue et commandant des Forces unies d’autodéfense de Colombie (AUC). Mancuso a participé à un nombre incalculable de lamentables massacres sur le territoire colombien. En fait, en 2007, des fosses communes contenant plus de 400 corps ont été découvertes dans la région de Mapiripan, dans laquelle il était impliqué.

Il est également une référence pour son ingérence dans les élections colombiennes dans lesquelles Uribe a gagné.

Salvatore Mancuso a été à la tête des AUC en Colombie. Foto: Archivo

Etant à la tête des AUC, le lien avec Uribe est incontestable, puisque depuis 2002, l’ancien président a déclaré des pouvoirs émergentes qui incluaient le droit d’arrêter et d’agir en guerre sans preuves réelles préalables, ce qui constitue une stratégie délibérée de déplacement forcé pour prendre le contrôle des territoires colombiens, dans le cadre des intérêts propres des paramilitaires et des trafiquants de drogue.

Mancuso, qui détient ce triste record et a avoué plus de 80 actes criminels, avait réussi à participer au célèbre club El Nogal pour profiter des services d’un spa et rencontrer ses homologues criminels afin de planifier leurs activités de trafic de drogue, de meurtre et de blanchiment d’argent, pour n’en citer que quelques-unes.

À ce jour, la Colombie a demandé l’extradition de Mancuso aux États-Unis.

Quant au Club El Nogal, son rôle dans les coulisses a été conçu par Fernando Londoño Hoyos, ancien ministre de l’intérieur et de la justice d’Uribe, qui a ensuite été démis de ses fonctions pour abus de pouvoir par le bureau du procureur général de Colombie.

Le clan d’Uribe s’est réuni à plusieurs reprises, y compris l’actuelle vice-présidente de la Colombie, Marta Lucia Ramirez, qui y avait une chambre permanente.

En bref, le Club était l’épicentre des activités paramilitaires, des néo-nazis de droite, des extrémistes religieux, des corrompus et des trafiquants de drogue.

L’aéronautique civile d’Uribe et les permis de Pablo Escobar

Dans les années 1980 en Colombie, le trafiquant de drogue Pablo Escobar développe et augmente brusquement son commerce de drogue, ce qui a un lien de cause à effet avec la nomination d’Uribe au poste de directeur de l’aviation civile colombienne.

Il est rappelé qu’Álvaro Uribe Vélez occupe ce poste en remplacement de Fernando Uribe Senior, car ce dernier a été tué par le cartel de Medellín.

Chaque fois qu’un nouvel élément incrimine Uribe, celui-ci a recours à des actions en justice. Foto: AFP

Le père de l’actuel président colombien Ivan Duque apparaît dans Le Boucher : l’ancien gouverneur d’Antioquia, Ivan Duque Escobar, en tant que dénonciateur d’Uribe.

En 1991, Duque Escobar informe le président de l’époque, Julio César Turbay, de la distribution de licences et de permis entre les mains d’Uribe pour les voies privées du cartel de Medellín. Cela a été confirmé plus tard par la partenaire d’Escobar, Virginia Vallejo, le membre du cartel Jhon Jairo Velasquez “Popeye”, et d’autres.

L’élément crucial dans la conduite des affaires d’Escobar était d’amener la drogue produite en Colombie sur le sol américain, car il s’agissait du plus grand consommateur de ces substances. Escobar avait besoin d’un grand nombre de pistes d’atterrissage pour optimiser la sortie de la drogue, sans parler des permis. En cela, le rôle d’Uribe a été essentiel dans le monde de l’aéronautique colombienne et, bien sûr, dans le monde de la drogue.

La mini-série de Leal Mendoza montre le meurtre de Rodrigo Lara Bonilla par le cartel de Medellin, puisqu’il a lutté contre ce cartel à l’époque où Escobar était sénateur.

Lara Bonilla a obtenu, avec des preuves fiables, l’expulsion d’Escobar du Congrès avec l’aide du fondateur du journal El Espectador, Guillermo Cano, et la publication d’un rapport sur six trafiquants de drogue qu’ils ont arrêtés en 1976, ce qui est démontré dans le dossier d’Escobar.

Guillermo Canoa été assassiné car il avait révélé la trame qui impliquait le narco et la politique en Colombie. Foto: El Espectador.

La mini-série de Leal Mendoza montre le meurtre de Rodrigo Lara Bonilla par le cartel de Medellin, puisqu’il a lutté contre ce cartel à l’époque où Escobar était sénateur.

Lara Bonilla a obtenu, avec des preuves fiables, l’expulsion d’Escobar du Congrès avec l’aide du fondateur du journal El Espectador, Guillermo Cano, et la publication d’un rapport sur six trafiquants de drogue qu’ils ont arrêtés en 1976, ce qui est démontré dans le dossier d’Escobar.

À cela s’ajoute l’opération Tranquilandia, qui met en évidence une grande partie des activités de traitement de drogues, des laboratoires et des pistes du cartel de Medellin. Un hélicoptère appartenant au père d’Alvaro Uribe Vélez a été confisqué lors de cette découverte.

En 1984, Lara Bonilla a été abattu, deux ans plus tard, Cano a été assassiné. Le problème n’était pas seulement la révocation du Sénat mais aussi les conséquences du contrôle qu’il exerçait sur l’aéronautique civile avec Uribe à la tête.

De cette façon, les liens d’Uribe avec l’industrie colombienne des stupéfiants ont été exposés, en particulier avec Fabio Ochoa Restrepo et ses fils “les frères Ochoa”.

Les liens d’Uribe avec les groupes criminels, les paramilitaires et les trafiquants de drogue ont façonné un changement politique dans l’État colombien, dans une sorte d’environnement de sociopathie institutionnelle, tel que défini par Leal Mendoza. Ce même appareillage continue de taillader les organes et la peau de la Colombie.

Source Misión Verdad

Traduction FAL 33