Discours d’organismes internationaux sur les atteintes à la démocratie et aux Droits de l’Homme en Bolivie

ONU Jean Marc Ferré. Michelle Bachelet, la Alta Comisionada de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos en la 42ª sesión del Consejo de Derechos Humanos

Plusieurs organismes internationaux ont dénoncé les atteintes aux Droits de l’Homme et les attaques à la démocratie derrière le coup d’Etat en Bolivie.

Organisation des Nations Unies (ONU)

Droits de l’Homme

  • Une mission de la Haute Commission des Droits Humains des Nations Unies (ACNUDH) élabore un rapport sur les atteintes aux Droits Humains en Bolivie, qualifiant cette situation de « crise ». La haute Commissaire de l’ONU, Michelle Bachelet, affirme que les morts « semblent résulter d’un recours inutile ou disproportionné à la force de la part du personnel politique et militaire ».
  • Avant la démission d’Evo Morales, ces organismes ont condamné les « crimes atroces » se référent aux trois personnes décédées dans des manifestations et au traitement inhumain qu’à reçu la Maire de Vinto, Patricia Arce. Ce fut l’occasion de demander aux autorités d’agir de manière préventive pour éviter la violence et de cesser les manifestations violentes.

Démocratie

  • L’ONU n’a pas nommé Jeanine Áñez comme « présidente transitoire ». « Le bloc minoritaire du Sénat, convoqué et voté sans le quorum requis, a élu la nouvelle leader du corps législatif qui s’est ainsi déclarée présidente par intérim de Bolivie ».

Persécutions judiciaires

  • Diego García-Sayán, le Rapporteur de l’ONU sur l’Indépendance des Magistrats et des Avocats a affirmé qu’il était préoccupé par « le recours aux institutions judiciaires et fiscales à des fins de persécutions politiques. Le nombre de détentions illégales augmente (…) J’appelle au respect de l’indépendance des institutions et aux droits à la défense ».
  • Pendant son intervention devant le Conseil des Droits Humains, Michelle Bachelet a signalé que son bureau était préoccupé « par l’imputation d’une dizaine de chargés gouvernementaux et personnes en relations avec l’ancienne Administration ».

Commission interaméricaine des Droits Humains (CIDH-OEA)

Répression de l’Etat

  • En Décembre 2019, la CIDH a exhorté à l’Etat bolivien d’avancer dans la réparation des blessés et de leurs familles suite aux actes de violences répressives qui se sont succédés en Novembre 2019. Il exige également de l’Etat  qu’il « cesse les actes de violences imputables à des agents de l’Etat ou à des groupes privés agissant en partenariat, de connivence avec ou sous leur tolérance et qu’il veille à ce que chaque personne blessée dans le contexte socio-politique actuel, reçoive des soins médicaux et sanitaires adéquats. »

Initiation à la violence et à la discrimination ethnique et raciale

  • Face à ce constat, la CIDH, a rappelé à l’Etat bolivien que l’initiation à la violence et aux discours de haine sont interdits par la Convention, spécialement quand ils viennent de fonctionnaires politiques ou leaders sociaux.

Etats d’arrestations et détentions arbitraires

  • Nous exhortons de l’Etat qu’il agisse immédiatement en faveur de la protection des personnes privées de leur liberté par leur condition de vulnérabilité, spécialement celles qui ont témoigné à la Commission et qui ont été menacé.

Massacres et assassinats

  • « Compte tenu de la gravité des évènements violents observés, la CIDH condamne les pertes de vies humaines survenues dans ce contexte de violence électorale ».
  • Elle avertit qu’il s’agit d’actes de violences « extrêmement graves », visiblement commis avec la participation de la force publique comme de divers secteurs sociaux.
  • La CIDH n’est pas sûre que le cadre institutionnel bolivien soit en condition ou capable d’accomplir son devoir étatique international d’enquêter, de juger et de sanctionner les responsables. Par conséquent, elle expose à l’Etat la nécessité d’établir une enquête internationale indépendante et impartiale sur ces faits.
  • Le Rapporteur de la CIDH sur le Droits des Défenseur(e)s des Droits Humains, Francisco José Eguiguren, qualifie de « massacre » les morts de « El Alto » y Sacaba, et déclare qu’il est très « alarmant de constater que l’un de ces massacres s’est produit au lendemain de ce décret (4078) qui pose question ».

Crimes et persécutions des opposants politiques

  • Nous soulignons que « le climat de persécution judiciaire et extrajudiciaire » des opposants entrainent les démissions massives de fonctionnaires à tous les niveaux.
  • La Commission manifeste sa préoccupation quant à la situation juridique des ex portes  paroles et enquêteurs du TSE et à la garantie de leurs droits procéduraux et autres droits humains.

Liberté d’expression

  • La CIDH admet que la presse a passé ces faits sous silence et signale que les déclarations de hauts fonctionnaires gouvernementaux y ont contribuées.

Human Rights Watch (HRW)

  • José Miguel Vivanco, directeur d’Humain Rights Watch pour les Amériques, a affirmé sur CNN que ce qui s’est passé avec Evo Morales en Bolivie (démission sur incitation d’un chef militaire) est « techniquement un coup d’Etat ».
  • Dans son Rapport Mondial de 2020, il affirme que le Décret Suprême 4078 n’était pas conforme aux normes internationales des Droits Humains. Il souligne également que dans le contexte des violentes protestations post-électorales, plusieurs médias et journalistes ont subi des attaques et des menaces. Ainsi, le rapport mentionne les menaces de l’ex Ministre de la Communication, Roxana Lizárraga, aux journalistes les accusant de « sédition ».
  • Concernant le délit de « sédition », le rapport souligne la permanente allusion du Ministre Arturo Murillo à ce terme, et signale que la définition de « sédition » est imprécise dans la législation bolivienne.

Amesty International

  • La directeur d’Amesty International pour les Amériques, Erika Guevara Rosas, revient sur le décret 4078 : « L’importante crise des Droits Humains que traverse la Bolivie, derrière les élections du 20 Octobre, s’est vue aggravée par l’intervention et l’action des forces de sécurité. N’importe quel message donnant carte blanche à l’impunité est extrêmement grave ».
  • Elle a également affirmé que « les autorités boliviennes devraient arrêter de traquer les journalistes et opposants au Gouvernement et garantir que les autorités judiciaires réalisent des enquêtes indépendantes, impartiales et rapides sur les morts qui se sont produites durant les affrontements ».

Traduction : FAL33
Source en espagnol : Noticias ONU