La Norvège rappelle le rôle de la Justice de Paix en Colombie

 Le Gouvernement de Norvège a qualifié de préoccupant le fait que la Justice Spéciale de Paix (JEP) de Colombie ne dispose toujours pas d´une loi statutaire qui réglemente son fonctionnement.

Lors d´un entretien accordé au quotidien local El Tiempo, Ine Marie Eriksen Soreide, chancelière du pays européen, a souligné que la JEP est importante pour garantir la justice et la non-impunité aux millions de victimes du conflit armé dans le pays sud-américain.

La JEP est un système juridique de transition, destiné à juger les personnes impliquées dans le conflit entre l´État et l´ancienne guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP). Ce conflit a définitivement pris fin lors de la signature de l´Accord de Paix entre les parties en 2016.

Quant à la polémique objection présidentielle à la loi statutaire de la JEP, la ministre de l´un des pays garants de l´Accord de Paix a manifesté ne pas questionner le droit du mandataire, mais a fait part de sa préoccupation concernant l´incertitude qui pourrait découler de cette décision. Le président Ivan Duque a récemment déposé des objections à la JEP, posture également adoptée par le Ministère Public.

“Nous sommes préoccupés par l´incertitude juridique actuellement créée alors que des milliers d´anciens combattants sont en processus de réincorporation. Le fonctionnement de la JEP est fondamental pour la mise en place de l´Accord de Paix”, a-t-elle rappelé.

La ministre des Affaires Étrangères du Royaume de Norvège a fait l´éloge de la JEP, la considérant comme un système de justice de transition avancé qui peut être pris comme modèle par d´autres processus de paix.

“Comme l´a également exprimé le secrétaire Général de l´ONU, Antonio Guterres, j´ai l´espoir que la JEP puisse le plus rapidement possible compter sur une loi statutaire qui garantisse son indépendance et son autonomie”, a-t-elle manifesté.

Suite à sa rencontre avec Ivan Duque mardi dernier, Soreide a ajouté avoir fait part de ce point de vue au président de Colombie, considérant qu´il y avait tout de même eu des avancées dans le pays depuis la signature de la paix.

“Les FARC-EP ont déposé les armes en un temps record, et se sont converties en un parti politique représenté au Congrès. Le processus de réincorporation avance également petit à petit”, a-t-elle illustré.

Elle a cependant qualifié de grave “l´augmentation de la violence en Colombie contre les défenseurs des droits de l´Homme et les leaders sociaux”, soulignant également “l´assassinat de plus de 90 anciens combattants des FARC-EP depuis la signature de l´Accord de Paix”.

La diplomate a de plus estimé qu´il était préoccupant que les programmes de substitution des cultures illicites et de développement rural , qui font partie de l´Accord de Paix, ne puissent compter sur les budgets nécessaires.

Auteur : Rédaction Prensa Latina

Source : Prensa Latina

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