DUQUE, BOLSONARO ET PIÑERA : ENTRE TUTELLE ET CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

De droite à gauche, les présidents du Chili, Sebastián Piñera ; du Brésil, Jair Bolsonaro ; et de Colombie, Iván Duque avec les anciens présidents de l’Argentine, Mauricio Macri ; de l’Équateur, Lenín Moreno ; et du Pérou, Martín Vizcarra (Photo : Esteban Félix / AP)

 21 Mai 2021

Il y a quelques jours, certains portails d’information ont rapporté que le président colombien Ivan Duque avait été dénoncé devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Cette dénonciation a été faite par le sénateur Iván Cepeda et des organisations sociales en raison des manifestations dans le cadre de la grève nationale qui a débuté le mois dernier et qui se poursuit en Colombie.

Duque rejoint la liste des présidents dénoncés devant ce tribunal international qui appartiennent au Groupe de Lima, caduque, puisque la triade des accusés est menée par Jair Bolsonaro, président du Brésil, et Sebastián Piñera, son homologue du Chili.

Ces faits sont rapportés avec prudence dans la presse mondiale ; il en irait autrement s’il s’agissait du Venezuela. Nous dévoilons quelques indices sur le passé de chacun de ces personnages, leurs liens, leurs intérêts et ce qui les amène dans cette arène judiciaire.

DUQUE : VIOLENCE MADE IN USA

Iván Duque, l’élève d’Álvaro Uribe Vélez et président de la Colombie, n’a pas cessé ses attaques, accusations et menaces contre le Venezuela. C’est en 2017 que Duque, ainsi que des congressistes chiliens et colombiens, ont déposé une plainte contre le président vénézuélien Nicolás Maduro devant la Cour pénale internationale pour “violations du droit international”.

L’histoire est différente : en raison du projet de réforme fiscale, déguisé en “loi de solidarité durable”, qui toucherait considérablement le peuple colombien en raison de l’augmentation des taxes sur les services et autres, l’opposition à Duque et les syndicats ont appelé à la Grève nationale le 28 avril. Ainsi, les événements se sont déroulés comme suit :

1-Les manifestations se sont étendues à tout le territoire, tant dans la capitale que dans des villes comme Cali, Bucaramanga et Medellin.

2-La vice-présidente de Colombie Marta Lucia Ramirez s’est rendu à la CPI dans l’espoir de calmer les choses

3- Duque retire la réforme fiscale, donnant comme solution la volonté de “trouver un consensus” avec tous les acteurs politiques pour une nouvelle réforme. Mais les manifestations continuent, la crise sociale et sanitaire que connaît la Colombie sous Duque s’est aggravée depuis le début de la pandémie.

4-Près d’une semaine après le début des protestations, Alberto Carrasquilla, ministre des finances et promoteur de la réforme en question, démissionne. La ministre des Affaires étrangères Claudia Blum démissionne.

5-Juan Alberto Londoño est nommé à ce poste et démissionne quelques jours plus tard, laissant Juan Manuel Restrepo comme nouveau ministre.

6-Le groupe Anonymous a piraté le portail web de l’armée colombienne, révélant les courriels et mots de passe personnels de plus de 100 fonctionnaires. Tout ceci en dénonçant les violations des droits de l’homme lors des manifestations en Colombie.

7-Lenín Moreno, de l’Équateur, et Marta Lucía Ramírez ont accusé le président Maduro d’une prétendue “ingérence” dans les manifestations en Colombie.

Voilà les pièces qu’on voyait se déplacer de l’extérieur, mais dans cette phase de protestation, de multiples actes de répression et de violence contre le peuple colombien ont été le pain quotidien.

Le 10 mai, la police nationale colombienne, avec des agents et des infiltrés civils armés, a décidé d’attaquer par balles un groupe d’indigènes qui manifestaient à la périphérie de la ville colombienne de Cali. L’Association des Conseils Indigènes du Nord du Cauca (ACIN) a signalé que ” le harcèlement par des civils armés persiste, avec l’accompagnement complice de l’armée, de la police et de l’ESMAD (escadron mobile anti-émeute) .”

De même, le Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC) affirme que l’attaque des manifestants par des “civils” armés est une tactique de répression très typique du paramilitarisme

Le 11 mai, l’Institut d’Etudes pour le Développement et la Paix (Indepaz) a publié son registre de données sur ces protestations et leurs regrettables résultats :

  • À ce jour, des manifestations ont eu lieu dans 800 des 1 122 municipalités de Colombie. On estime que plus de 15 millions de personnes ont participé et, d’après les enquêtes, elles ont le soutien de plus de “70% de la population âgée de plus de 16 ans, dans tous les secteurs sociaux et surtout parmi les plus pauvres et les classes moyennes”.
  • La réponse d’Iván Duque a été une répression brutale et une stigmatisation de la protestation. Entre le 28 avril et le 10 mai, en plein milieu des mobilisations, 47 personnes ont été tuées, dont 39 par la violence policière et 28 correspondent à des assassinats de jeunes à Cali.
  • Le bureau du procureur général reconnaît que plus de 540 manifestants ont disparu.
  • Indepaz a enregistré, au 12 mai, 2 110 cas de violence de la part des forces de sécurité colombiennes. Dont 30 victimes d’agressions oculaires et 16 victimes d’agressions sexuelles.

 Quelques jours après le début des manifestations, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a déclaré que le secrétaire général de cette instance multilatérale, António Guterres, “suit la situation en Colombie avec une grande préoccupation, compte tenu de la violence que nous avons vue, des violations des droits de l’homme signalées dans le contexte de ces manifestations”.

Faux positifs, assassinats de leaders paysans, liens avec le paramilitarisme et le trafic de drogue, épandage de glyphosate et consentement à la présence militaire américaine sur le territoire colombien font partie des principaux éléments du curriculum vitae d’Ivan Duque.

Cette réforme fiscale, applaudie par le Fonds monétaire international (FMI), n’était que la cerise sur le gâteau des entreprises que Duque préparait depuis longtemps, car ses antécédents et ses relations avec le lobby économique américain remontent à plusieurs années.

En décembre 2020, Duque a déclaré à l’American Jewish Committee (AJC) que “la Colombie est l’allié numéro un d’Israël en Amérique latin et dans les Caraïbes (…) Nous voulons que la Colombie puisse devenir la Silicon Valley de l’Amérique latine”. La Colombie a récemment signé un accord de libre-échange avec Israël et a l’intention d’ouvrir un bureau d’innovation à Jérusalem dans un avenir proche.

Bien que les déclarations de rejet du système international aient été modérées, la position modérée des États-Unis dans cette situation n’a pas été surprenante : les déclarations de la porte-parole adjointe du département d’État, Jalina Porter, ont montré un soutien au gouvernement de Duque.

Les États-Unis entretiennent des liens étroits avec la Colombie. Et les preuves le montrent : pour n’en citer que quelques-unes, on se souvient qu’en 2007, Chiquita Brands International (anciennement United Fruit Company) a dû payer une amende de 25 millions de dollars pour avoir fait des affaires avec des paramilitaires en Colombie. Selon l’accord de culpabilité, la société américaine a versé plus de 1,7 million de dollars depuis 1997 aux Forces d’autodéfense unies de Colombie (AUC). Toutefois, l’amende n’est pas suffisante pour les meurtres de plus de 10 000 personnes commis grâce aux finances de cette société au profit des AUC.

Lettre adressée au secrétaire d’État en 1928 au sujet du meurtre de milliers de travailleurs colombiens des AUC.jpg

Il convient de rappeler que la même United Fruit Company a été l’exécutant du massacre des plantations de bananes en 1928 en Colombie. Ce fut l’issue sinistre d’une grève des travailleurs, qui comme ils ne se retiraient pas du lieu de protestation, l’armée colombienne a ouvert le feu, tuant des milliers de personnes.

Cette question est soulevée dans le but de réaffirmer que le modus operandi n’a pas changé, pas plus que le financement des grandes entreprises aux groupes armés irréguliers ; l’oligarchie colombienne continue, avec l’aval des États-Unis, à perpétrer des abus contre le peuple colombien. Ou plutôt, ils continuent à suivre les instructions des patrons américains.

Ces liens avec les États-Unis se sont renforcés au début de ce siècle. De même qu’il y a eu le plan Marshall, un ensemble d'”aides” américaines à d’autres nations, la Colombie en a eu un plus exclusif : le plan Colombie, axé sur l’assistance militaire qu’elle a fournie au fil des ans à la Colombie, et encore plus lorsqu’Alvaro Uribe Vélez est entré sur la scène présidentielle.

Rien qu’en 2003, selon Mario Murillo dans son livre “La Colombie et les États-Unis”, le budget américain pour les opérations étrangères comprenait plus de 500 millions de dollars pour la Colombie, dont 70 % pour l’armée et la police. La Colombie compte actuellement au moins sept bases militaires américaines.

La Colombie reçoit l’un des trois Hercules C-130 des États-Unis (Photo : Présidence de la Colombie)

De cette conception et de ce financement est né ESMAD, la force de sécurité contre-insurrectionnelle de Colombie qui a été l’exécutant d’innombrables violations des droits de l’homme.

Année après année, ces liens guerriers se sont renforcés. En 2018, l’entrée de la Colombie en tant que partenaire mondial de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été officialisée, ce qui en fait le premier pays d’Amérique du Sud à rejoindre cette organisation.

Aujourd’hui, Duque est traduit devant la CPI pour crimes contre l’humanité, dans un cataclysme politique et social conséquence de sa gestion qui est étrangère au bien-être de la population colombienne.

BOLSONARO : L’AMAZONIE, LES TRANSNATIONALES ET LA PANDEMIE

On a passé sous silence dans la sphère médiatique qu’en 2019, un événement a été organisé à New York en l’honneur de Jair Bolsonaro, président du Brésil, où il devait être honoré comme personne de l’année. L’événement était organisé par la Chambre de commerce américano-brésilienne et a réuni de grandes entreprises telles que Delta Air Lines, The Financial Times et Bain & Co. qui ont parrainé le gala.

Dans ce contexte, d’autres entités ont refusé de dire à la presse si elles s’étaient retirées de l’événement, notamment Bank of America, Merrill Lynch, Morgan Stanley, HSBC, BNP Paribas, Crédit Suisse, Citigroup Inc et JPMorgan Chase & Co.

Plus tard, la Chambre de commerce américano-brésilienne a indiqué sur son site web qu’elle avait choisi Bolsonaro comme personne de l’année en raison de son “intention de favoriser le renforcement des liens commerciaux et diplomatiques entre le Brésil et les États-Unis“.

Bolsonaro a été contraint d’annuler son voyage au centre d’affaires américain en raison des protestations de groupes et d’organisations de défense de l’environnement qui ont exprimé leur refus de la destruction de l’Amazonie menée et accélérée par le président brésilien. Ce qui importe dans ce récit, cependant, ce sont les liens évidents de Bolsonaro avec l’élite économique américaine.

Dans une enquête de The Guardian sur le commerce de la déforestation et de l’élevage de bétail au Brésil, certaines des clés qui gravitent dans la dynamique financière des ressources dans ce pays d’Amérique latine sont pointées du doigt :

  • AgroSB dispose de vastes hectares qui dévorent la forêt tropicale au Brésil.
  • AgroSB fournit du bétail à JBS, qui est la plus grande entreprise de conditionnement de viande au monde et le plus grand fournisseur de bœuf, de volaille et de cuir, avec 350 000 clients dans plus de 150 pays.
  • L’enquête indique qu’AgroSB est un puissant empire agricole détenu par Opportunity Group, cofondé par Daniel Dantas, un homme d’affaires controversé décrit par Bloomberg comme le “mauvais sujet” de la finance brésilienne.
  • JBS a l’aval de Bolsonaro pour déforester l’Amazonie.

C’est l’une des nombreuses entreprises qui développent leurs affaires et leurs intérêts dans l’or vert du Brésil. De grandes entreprises ont soutenu la présidence de Bolsonaro. Americas Society, le groupe de réflexion de Wall Street dont le fondateur était David Rockefeller, a publié un article de Brian Winter, où les louanges du gouvernement de Bolsonaro dépassent le cadre de ce portail. M. Winter a déclaré au Forum économique mondial que Paulo Guedes, l’architecte économique des politiques brésiliennes, était « un homme qui semble destiné à changer le Brésil en mieux. Brillant et discipliné ».

Face à la pandémie, Guedes  soulignait que ses réformes ultra-libérales étaient la solution, et en cela il a été accompagné par le ministre de l’environnement Ricardo Salles, qui a vu dans la pandémie une opportunité pour l’abandon accéléré des réglementations qui protégeaient l’Amazonie.

Une autre entreprise qui rejoint la liste des pro-Bolsonaro, Cargill Corporation, l’entreprise étrangère la plus active dans l’agro-industrie amazonienne, depuis la campagne présidentielle a annoncé son soutien au président actuel, ils le connaissaient très bien à travers le Congrès. Cette société est le fer de lance de la production de soja au Brésil. De même, Cargill a annoncé son soutien explicite à la déforestation dans une lettre ouverte aux producteurs de soja au Brésil, et son opposition aux projets de protection de l’environnement.

Même la Barings Bank a applaudi la victoire de Bolsonaro aux élections présidentielles, car la présence de Sergio Moro et Paulo Guedes au sein du cabinet assurait la fluidité de ses affaires. La Barings Bank décrivait le Brésil comme la “nouvelle frontière” de l’économie mondiale.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Temer en 2016, le terrain a été préparé pour assouplir l’application des lois fédérales contre la déforestation, en plus de réduire le budget du ministère de l’Environnement. L’incendie qui s’est ensuite produit n’a fait que catalyser le cannibalisme des entreprises pour les ressources de cet espace amazonien.

Les ressources de la région amazonienne sont très convoitées, le potentiel agricole et la richesse minérale sont incomparables. Les niveaux d’accès à celle-ci pour les capitaux étrangers sous le gouvernement Bolsonaro, un allié de Wall Street, sont inégalés.

Actuellement, Bolsonaro n’a pas une plainte devant la CPI mais quatre :

1-En 2020, il a été dénoncé pour crimes contre l’humanité et génocide, en raison de sa position irresponsable sur la pandémie. Cette plainte a été déposée par des organisations composées de professionnels de la santé.
2-Trois des plaintes sont liées au rôle du président dans la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus.
3-La dernière plainte a été déposée par le leader indigène Raoni Metuktire, défenseur de l’Amazonie. Elle a été constituée pour crimes contre l’humanité et actes conduisant au génocide de communautés indigènes et autochtones, ainsi que pour la destruction de l’habitat dans la forêt amazonienne.

Non seulement Bolsonaro fait face à la plainte de la CPI, mais le Sénat brésilien a également ouvert une enquête sur le manque de gestion pour contrôler la propagation du Covid-19. À ce jour, la crise sanitaire au Brésil a enregistré plus de 400 000 décès dus à la pandémie, sans compter la variante brésilienne qui a été générée cette année.

L’une des plaintes déposées contre Bolsonaro devant la CPI concerne la gestion de la pandémie (Photo : Zuma Press)

PIÑERA : À LA CROISÉE DES CHEMINS

Si les plaintes contre la CPI et la proximité avec les États-Unis unissent ces dirigeants, un autre facteur d’union entre Bolsonaro et Sebastián Piñera est leur admiration pour le dictateur Augusto Pinochet.

En 2019, des manifestations ont éclaté au Chili à la suite d’une augmentation des tarifs dans les transports publics. Face aux protestations qui commencent à se développer, Sebastián Piñera, président du Chili, décrète l’état d’urgence dans la capitale ainsi que le couvre-feu. Cela n’a pas empêché les manifestations, qui se sont également multipliées dans d’autres villes comme Valparaiso, mais c’est le 25 octobre 2020 que plus d’un million de personnes se sont rassemblées à Santiago du Chili pour rejeter ces nouvelles politiques.

Avant cet événement, le peuple indigène Mapuche avaient déjà dénoncé le gouvernement chilien devant la CPI pour violence, génocide et aussi pour les bébés Mapuche volés et destinés à être adoptés par des familles étrangères.

Quant aux manifestations qui ont éclaté cette année-là, la police nationale chilienne, connue sous le nom de Carabineros, a commis de graves violations des droits de l’homme et a abusé de l’usage de la force. Quelques semaines plus tard, le processus d’élaboration d’une nouvelle Constitution par le biais d’un Congrès Constituant a été convoqué avec succès.

En avril dernier, l’ex-juge espagnol Baltasar Garzón, de la Commission chilienne des droits de l’homme (CHDH), a demandé à la CPI d’enquêter, d’inculper et d’ouvrir un procès contre le président chilien, en raison des événements qui ont débuté en 2019.

L’argument principal, tel qu’il figure dans le document remis à la CPI, est qu’il existe “3050 cas de violations des droits de l’homme qui devraient faire l’objet d’une enquête du ministère public”. Dans le dossier remis, il est signalé plus de 400 personnes blessées aux yeux par les Carabineros.

Il y a quelques jours, lors des élections de la Convention Constituante, les forces progressistes ont réalisé une avancée significative, et ce fut le contraire pour le parti de Piñera, qui n’a obtenu que 38 sièges.

D’autre part, si un président viole les droits de l’homme et que la répercussion médiatique est quasi nulle et que l’indignation de l’administration américaine de service ne bronche même pas, il est certain qu’il est un allié des États-Unis. Piñera n’est pas en reste : les analystes de JPMorgan et Goldman Sachs ont estimé que cet homme politique parviendrait à une accélération de l’économie chilienne qui n’a pas pu se produire.

Sebastián Piñera, loyal envers les États-Unis (Photo : Reuters)

En bref, le soutien de la puissance financière occidentale à ces gouvernements dans ce festin de ressources appelé Amérique latine est évident. Les grandes entreprises continuent à avoir une place sur l’échiquier géopolitique, et encore plus lorsqu’il s’agit de secteurs stratégiques. Tant que cet intérêt reste présent, peu importe qu’ils gèrent mal la pandémie, ou qu’ils assassinent la population civile qui réclame ses droits, l’important dans ce contexte est que chaque marionnette bouge au rythme du marionnettiste.

Prochainement, ces trois pays vivront des élections qui peuvent changer le scénario politique actuel, sans exclure, comme nœud de confrontation, l’appropriation des ressources et de l’appareil politique qui permet le pillage et la connivence des États-Unis.

Source: Misión Verdad

Traduction: FAL 33