Deux sommets régionaux pour affronter l’impérialisme

En Bolivie deux réunions ont été organisées dans le but de reconstruire les projets de libération boliviens : le sommet des présidents de l’ALBA et la réunion du RUNASUR naissant, promue par Evo Morales et les mouvements sociaux.

Eduardo Paz rada, 07/05/2021

En raison de la nécessité d’avancer dans la reprise des projets émancipateurs des peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes et dans un moment historique de fortes tensions géopolitiques et de contrôle des territoires et des richesses dans la région , la Bolivie a promu la réalisation de deux sommets internationaux, tous deux dans le but de dénoncer le capitalisme sauvage et les agressions impérialistes américaines qui cherchent à arrêter les grandes mobilisations populaires de ces deux dernières années au Chili , en Equateur , en Colombie, en Bolivie , au Paraguay et au Pérou.

Les massacres, les persécutions et la répression des dernières semaines dans les villes colombiennes ont percé à jour le régime fantoche Duque-Uribe et de ses alliés dans la région.

Afin de récupérer pleinement les initiatives d’intégration et d’unité des peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes et en prenant comme référence la journée internationale de la Terre Mère ( la Pachamama du monde andin ) , en Bolivie , deux réunions ont été organisées dans le but de reconstruire les projets de libération bolivarienne , avec le sommet des présidents de l’Alternative bolivienne des peuples ( ALBA ) et la réunion des dirigeants syndicaux , paysans , indigènes , et milieux populaires regroupés dans le RUNASUR naissant , promu sous l’impulsion d’ Evo Morales et visant à convoquer d’autres organisations sociales de la région pour qu’elles fassent partie de ce mouvement.

L’une, organisée par David Choquehuanca, vice- président de la Bolivie, s’est tenue virtuellement les 22 et 23 avril à la Casa Grande del Pueblo de La Paz avec la participation de Nicolas Maduro, Luis Arce, Daniel Ortega – présidents du Venezuela, de la Bolivie et du Nicaragua-, Bruno Rodriguez – ministre des affaires étrangères de Cuba – et des autorités de plusieurs pays des Caraïbes.

L’autre évènement, aux mêmes dates, s’est déroulé au Chapare, à Cochabamba, en présence de Jaime Vargas (CONAIE) de l’Equateur, de délégués du CTA de l’Argentine et avec la visite du ministre des affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, après que plus de 500 000 personnes appartenant à des mouvements populaires et au Mouvement vers le socialisme (MAS) s’étaient regroupées.

RUNASUR a approuvé un texte dans lequel tout en revendiquant les droits de la Pachamama, il met en avant l’unité des peuples contre le capitalisme, l’impérialisme et le néocolonialisme ; la protection de la souveraineté des peuples sur la nature pour le Bien Commun ; le respect des droits de la Terre Mère, de la Vie et de l’équilibre entre les êtres humains et la nature ; et la diplomatie des peuples pour avancer dans la révolution du continent.

Evo Morales a exprimé le souhait que RUNASUR naisse des bases sociales des organisations populaires « avec l’objectif d’unir les mouvements sociaux qu’ils soient indigènes, ouvriers, de la classe moyenne, du corps enseignant et professionnel. Afin de lutter pour une véritable libération de toute l’Amérique multinationale des peuples et pour les peuples « dans la perspective d’impulser la récupération de l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR).

De leur côté , les présidents du Venezuela ,du Nicaragua et de la Bolivie sont tombés d’accord pour identifier le capitalisme et l’impérialisme comme responsables de la détérioration de l’environnement, de la crise du changement climatique et des déséquilibres de la nature entraînant des effets négatifs pour l’humanité, d’où la nécessité de changer le paradigme dominant et de développer un mouvement mondial pour défendre les équilibres écologiques et la vie des populations les plus affectées par les effets de la crise mondiale.

David Choquehuanca, qui en 2009, alors qu’il était Ministre des Affaires Etrangères de Bolivie, obtint que l’ONU déclare le 22 avril Jour International de la Terre Mère, a exprimé le désir qu’avec les Peuples du Sud soit constituée une Assemblée Mondiale de la Terre qui établisse les priorités pour défendre les droits de la nature et les équilibres entre elle et les êtres humains.

Eduardo Paz Rada, sociologue est professeur à la UMSA ; Il écrit dans des publications en Bolivie et en Amérique Latine.

Source: Alainet

Traduction: FAL 33