Colombie, Valle del Cauca fermé en raison de la situation de violence

En pleine grève nationale, qui dure depuis 13 jours ce lundi, 10 personnes de la Minga indigène de Cali ont été blessées après avoir été attaquées par des groupes paramilitaires. | Photo : EFE

Publié le 10 mai 2021

Cali est l’une des villes qui a connu le plus de chaos pendant les 13 jours de marches et de protestations dans le cadre de la grève nationale.

Face au déploiement de milliers de militaires à Cali, pour “assurer la sécurité”, selon le ministère colombien de la Défense, le département de Valle del Cauca a décrété la fermeture de tous les accès à la région à partir de lundi et jusqu’à samedi prochain, en raison de la tension accrue dans la zone.

La situation devient de plus en plus violente à Cali et dans d’autres villes du département dans le cadre de la forte répression des forces de sécurité contre les manifestants de toute la Colombie, qui rejettent les mesures néolibérales imposées par le gouvernement d’Ivan Duque.

Le gouverneur de Valle del Cauca, Clara Luz Roldan, a expliqué sa décision par l’alerte rouge de l’hôpital, l’accélération de la propagation du coronavirus et la situation critique de l’ordre public.

En pleine grève nationale, qui fête ce lundi son 13e jour, 10 blessés de la communauté indigène Minga de Cali auraient été attaqués par des groupes paramilitaires, alors que le président Duque a effectué une visite éclair dans la ville.

Selon de nombreuses informations, des assassins à gages, en complicité avec la police, ont tiré des coups de feu sur les représentants des peuples indigènes de Colombie, blessant une dizaine de jeunes appartenant à la Garde indigène du Conseil régional indigène du Cauca.

Duque a demandé au ministre de la Défense, Diego Molano, d’assurer un plus grand déploiement des forces de sécurité pour assurer la tranquillité dans la ville de Cali.

En plus de cela, il a indiqué qu’il est nécessaire de faire un travail de patrouille, proche des citoyens pour donner confiance et appliquer des restrictions aux parrilleros*, à la mobilité et à la loi sèche.

En compagnie des autorités locales et départementales, des militaires et des policiers, ainsi que des membres du cabinet, le président a précisé que « nous ne devons pas agir avec brutalité mais dans le strict respect de la protection des droits de l’homme ».

Ce lundi, les mobilisations se poursuivent en Colombie contre la répression, la militarisation et les politiques économiques et sociales du gouvernement Duque qui, avertissent les manifestants, aggravent la crise dans le pays.

« Nous sommes en grève nationale. La grève ne va pas s’arrêter juste parce que nous allons à une réunion exploratoire avec le président et son cabinet. Nous allons continuer. Nous avons des activités à développer, cette semaine et la semaine prochaine », a déclaré le président de Fecode, Nelson Alarcón.

Par ailleurs, ce lundi également, plusieurs mobilisations sont prévues en soutien aux indigènes de la Minga, après l’attaque de dimanche dans le sud de Cali.

À l’occasion de la grève nationale, ce lundi 10 mai, des mobilisations auront lieu dans la région métropolitaine.

À Bucaramanga, il y aura une démonstration de l’Université industrielle de Santander à 14 heures, tandis qu’à Piedecuesta, le point de rencontre sera dans le parc principal à partir de 15 heures.

À Bogota et Cundinamarca, certains blocages se poursuivent, ainsi que des manifestations à certains points du TransMilenio.

La crise a éclaté le 28 avril à cause d’une réforme fiscale qui a déjà été retirée. Depuis lors, les manifestations ont été violemment réprimées. A Bogotá et à Cali, l’armée a patrouillé dans les rues.

Le président est confronté à la pression des manifestations organisées par les syndicats, les travailleurs des transports et les populations indigènes, entre autres, qui réclament un changement de cap de son gouvernement et « la démilitarisation des campagnes et des villes ».

Samedi, 548 personnes au total avaient été portées disparues auprès du bureau du médiateur colombien et du bureau du procureur général.

Omar Moreno, directeur des droits de l’homme de la Centrale Unitaire des Travailleurs, a déclaré qu’au 6 avril, 37 meurtres avaient été signalés, dont 28 à Cali, en plus de plus de 1780 cas de violence, 1180 détentions arbitraires, 31 personnes ayant subi des mutilations oculaires, 15 agressions sexuelles de femmes par les forces publiques.

Note de la traduction :

Parillero : littéralement celui ou celle qui va sur la parrilla, le porte bagage des motos. S’est ainsi que de nombreux « contrats » ont lieu, le passager est celui qui se charge de tirer sur la personne à abattre

Source: Telesur

Traduction: France Amérique Latine 33