Assassinat d’un jeune homme lors de manifestations en Colombie

Morales est décédé vers 21 heures à la clinique de Los Rosales. | Photo : Twitter @VTVcanal8

Publié le 8 mai 2021

Héctor Fabio Moreno était ambulancier et fournissait les premiers soins lors des mobilisations.

 Héctor Fabio Morales, un Colombien de 24 ans, est mort après avoir été attaqué avec une arme à feu par de présumés civils lors de manifestations ce vendredi dans la municipalité de Pereira, capitale du département de Risaralda, dans ce qui est le deuxième incident de ce type contre des manifestants depuis le début de la semaine dans cette ville.

Le jeune Colombien avait assisté depuis le 28 mars à plusieurs mobilisations dans le cadre de la Grève nationale contre les mesures néolibérales du gouvernement colombien et avait apporté les premiers secours en cas de troubles et de blessés.

Morales est décédé vers 21 heures à la clinique Los Rosales, selon l’hôpital, après que le jeune homme ait été admis avec plusieurs blessures par balle à la tête, à la poitrine et aux jambes.

Ce meurtre intervient après une déclaration du maire Carlos Maya dimanche dernier, dans laquelle il invitait “les syndicats et les membres de la sécurité privée à faire front commun avec la police et l’armée pour rétablir l’ordre et la sécurité publique”.

Après ces déclarations, des vidéos et des audios de civils menaçant ceux qui sortent pour manifester ont commencé à circuler dans la ville.

Ce n’est pas le premier cas de civils armés tirant sur des manifestants. Le mercredi 5 mai, des civils ont tiré huit coups de feu sur Lucas Villa et Andrés Felipe Castaño, en plein manifestation sur le viaduc qui relie Pereira et Dosquebradas.

 

Villa, un étudiant de 37 ans, qui se trouve dans un état critique, est devenu un symbole des protestations et de la violence qui a malheureusement été ponctuée par la brutalité policière et par des événements comme celui-ci, qui rappellent les actions du paramilitarisme colombien.

Le 28 avril, les organisations sociales, indigènes, paysannes et afro-descendantes de Colombie ont appelé à la grève contre la réforme fiscale que le gouvernement entendait mettre en œuvre.

 

Les protestations se sont transformées en mobilisations massives qui ont duré jusqu’à aujourd’hui et ont déjà réussi à faire reculer le président dans son approbation de la réforme.

Le gouvernement a déployé une forte répression policière, tuant plus de 32 civils, selon des organisations colombiennes de défense des droits de l’homme comme l’ONG Temblores, et 21 civils, selon le bureau de l’Ombudsman.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme et son rapporteur spécial pour la liberté d’expression ont indiqué dans une déclaration leur préoccupation face à la gravité des allégations de violations des droits de l’homme en Colombie et ont exhorté les autorités à enquêter sur les faits.

Dans son dernier rapport, l’ONG locale Temblores indique qu’entre le 28 avril à 6 heures et le 6 mai à 10 heures, elle a enregistré 1 728 cas de violences policières, 341 interventions violentes des forces de sécurité, 934 détentions arbitraires, 37 décès dus à des violences policières et 11 cas de violences sexuelles commises par des policiers. 

L’unité de recherche des personnes disparues dans le pays, ainsi que 26 autres organisations de défense des droits de l’homme, ont signalé au bureau du médiateur et au bureau du procureur général que 471 personnes ont disparu pendant les manifestations. Parmi eux, 92 ont déjà été retrouvés, mais 379 sont toujours introuvables. Du côté des institutions, les chiffres sont plus faibles, avec un total de 89 disparus.

Source: Telesur

Traduction: France Amérique Latine 33