11 jours après le début de la grève nationale, les manifestations se poursuivent en Colombie

Le nombre de personnes portées disparues est passé de 145 à 359 en seulement 24 heures. | Photo : Twitter @TVFANB

Publié le 8 mai 2021

À Bogota, la “marche du deuil” est organisée en l’honneur de tous ceux qui ont perdu la vie ces derniers jours.

Une nouvelle journée de manifestations pacifiques contre les politiques néolibérales du gouvernement d’Ivan Duque est programmée ce samedi dans plusieurs villes de Colombie, alors que 11 jours de grève nationale sont accomplis.

Ce samedi, il y a un appel dans le parc des journalistes à Bogota, appelé “la marche du deuil” en l’honneur de tous ceux qui ont perdu la vie ces derniers jours, les participants dont donc invités à s’habiller en noir.

Dans l’appel, les participants sont invités à demander l’arrêt immédiat de la répression, le respect du droit de manifester et la purge des responsabilités policières.

Vêtus de noir, les participants partiront vers midi du Parc des Journalistes, tandis que dans d’autres quartiers de la capitale, les jeunes sont invités à arriver avec des vélos, des skateboards ou des patins à roulettes.

Lors de cette journée, d’autres initiatives serviront à démontrer le rejet du peuple colombien à la militarisation du pays et aussi à dénoncer les politiques sociales du gouvernement d’Ivan Duque.

Il y a quelques heures, le bureau du médiateur a révélé un nouveau rapport sur le nombre de personnes qui ont disparu lors des manifestations depuis le 28 avril.

 

Le nombre de rapports de personnes portées disparues est passé de 145 à 359 en seulement 24 heures, selon l’entité.

Au total, depuis le 28 avril, jour du début de la grève nationale en Colombie, 548 personnes présumées disparues ont été signalées, dont 189 ont été localisées et 359 sont encore en cours de vérification et de localisation.

Quant au nombre de décès signalés par le bureau du médiateur au cours de cette journée de manifestations il reste de 27 Colombiens, dont, selon le bureau du procureur général, il a été déterminé que 11 sont directement liés aux manifestations, 7 sont en cours de vérification et 9 ne sont pas liés aux manifestations.

Cependant, le nombre de personnes tuées par la répression des forces de sécurité et d’autres groupes paramilitaires pendant les manifestations est supérieur à 37, selon des entités indépendantes.

Un groupe d’organisations sociales et de groupes de défense des droits de l’homme a dénoncé devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) la situation de violence et les cas de disparitions qui se produisent en Colombie.

La dénonciation se concentre sur la situation dans le Valle del Cauca, notamment à Cali, Palmira et Buga, où la nuit des attaques armées contre les manifestants sont constantes.

Le cas le plus récent s’est produit ce vendredi dans le secteur de La Luna à Cali, où l’on parle de trois manifestants blessés par des tirs.

Des citoyens ont rapporté que la police colombienne a tiré vendredi soir contre des personnes qui manifestaient dans un secteur de la ville de Cali, capitale du département de Valle del Cauca, dans le sud-ouest du pays.

Il s’agit de l’autoroute du sud-est avec la Calle 13 -secteur La Luna-, Paso del Comercio et Calle 66 dans le nord de Cali. Les citoyens indiquent que les tirs proviendraient d’une camionnette blanche haut de gamme, qui circule apparemment avec la plaque couverte, et d’une voiture Mazda 6.

Cali, samedi 8 mai. Des blocages ont eu lieu au nord, à l’est et au sud, ainsi que dans le centre-ville et sur les routes menant à l’aéroport Alfonso Bonilla Aragon. Ce terminal est situé au nord de Cali et on y prend soit la sortie vers Yumbo, soit celle vers Palmira, où les concentrations sont enregistrées.

Toujours à Cali, des mères et des femmes des jeunes de la nommée « première ligne » se mobilisent pour exiger du président Ivan Duque qu’il arrête le massacre contre leurs fils et leurs filles et contre le peuple colombien.

Le gouverneur en charge d’Antioquia, Luis Fernando Suarez Velez, a convoqué une grande table ronde avec les leaders de la grève afin de trouver des solutions à leurs revendications.

Le gouverneur du département a déclaré que dans cet espace de dialogue, le gouvernement qui espère avoir une communication directe avec les dirigeants, convoquera des sessions supplémentaires de l’Assemblée Départementale pour analyser les propositions des communautés et du public, de sorte que les médias ouvrent des espaces de dialogue.

Source: Telesur

Traduction: France Amérique Latine 33