Que commémore-t-on le 25 février au Guatemala ?

Le Guatemala a subi une guerre civile, lors de laquelle l’armée a bénéficié dans son travail de répression dusoutien des différents gouvernements des États-Unis. | Photo : Twitter : HIJOS Guatemala

Publié le 25 février 2021  

La Journée nationale de la dignité des victimes a pour but d’honorer les survivants et de rendre la mémoire collective digne.

La guerre civile au Guatemala (1960-1996) a culminé avec la signature des accords de paix entre l’État et les guérillas de l’Union révolutionnaire nationale du Guatemala (UNRG), l’épilogue des luttes de guérilla pour la libération nationale qui ont eu lieu en Amérique centrale depuis les années 1960. L’un des résultats a été la création d’une commission de la vérité, d’où est sortie la commémoration du 25 février comme date de “dignité des victimes”.

Le 25 février 1999, la Commission pour la clarification historique a présenté le rapport “Guatemala : Mémoire du silence” (copie d’un rapport similaire au Salvador), qui non seulement a fait savoir que les actes commis contre les populations indigènes constituaient des actes de génocide, mais a également documenté les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires commises contre la population civile, tant dans les zones urbaines que dans les communautés du pays par l’armée guatémaltèque.

Le rapport recommande également à l’État guatémaltèque d’établir que chaque 25 février devrait être commémoré comme la “Journée nationale de la dignité des victimes du conflit armé interne” par le biais du Programme national de réparation. Cette journée “vise à honorer tous les hommes et femmes qui ont survécu et à honorer la mémoire de ceux qui ont été massacrés, exécutés et ont disparu aux mains de l’armée en raison de la politique de l’État”, qui a été approuvée par le Congrès guatémaltèque en 2004 par le biais du décret n° 06-04.

Le rapport énumère les actes de violence et de répression subis par le peuple guatémaltèque aux mains d’une armée qui a commis des crimes contre l’humanité avec la mise en œuvre de la stratégie anti-insurrectionnelle.

Les 36 années de guerre civile ont fait 200 000 morts, dont 45 000 disparus. On estime qu’entre 500 000 et 1,5 million de personnes ont dû fuir en conséquence directe des plans de campagne et des opérations militaires que l’armée a mis au point pour reprendre le contrôle de la population civile dans les zones de conflit, selon la Commission vérité elle-même. Quelque 626 massacres commis par les forces de sécurité de l’État ont également été signalés, avec environ 5 000 enfants disparus.

C’est pourquoi chaque année, les familles, les survivants, les collectifs et les organisations sociales et de défense des droits de l’homme commémorent cette date symbolique, non seulement pour se souvenir mais aussi pour honorer la vie et les luttes des paysans, des dirigeants étudiants et des syndicalistes, des universitaires, des religieux, des hommes, des femmes, des garçons et des filles, ainsi que pour demander justice, des réparations et des réparations complètes parce que les victimes ne peuvent pas être traitées avec dignité tant que de graves violations des droits de l’homme restent impunies et que les responsables ne sont pas jugés et emprisonnés.

Les organisations civiles et indigènes se souviennent également à cette date des idéaux de lutte de toutes les victimes du conflit armé, qui n’ont pas eu peur de garder le silence sur les injustices, qui ont travaillé pour qu’au Guatemala “le racisme, la pauvreté, la discrimination et l’exclusion disparaissent, et qui ont toujours défendu la dignité et la liberté de leur peuple”.

Source : teleSUR | Traduction : FAL 33