Pérou : Les victimes de stérilisation forcée seront indemnisées

Les mouvements de femmes touchés par cette mesure réclament depuis longtemps la reconnaissance et la réparation des torts causés. | Photo : Movimiento Somos 2074 et bien d’autres

10 Février 2021

On estime que plus de 270 000 femmes ont été stérilisées de force sous le gouvernement d’Alberto Fujimori.

Les femmes péruviennes qui ont été victimes de stérilisations forcées sous le gouvernement d’Alberto Fujimori seront indemnisées par l’État, après avoir été incluses dans le plan de réparation pour les victimes du conflit armé interne (1980-2000).

Cette indemnisation est possible grâce à la modification de la loi sur le plan de réparation intégrale, promue par l’ancienne députée indigène Tania Pariona avec l’organisation féministe Estudio para la Defensa de los Derechos de la Mujer (Demus) (Étude pour la défense des droits de la femme).

L’amendement précise que les victimes de “tout type de violence sexuelle” sont également bénéficiaires d’une indemnisation publique, y compris les femmes qui ont été soumises à une ligature des trompes sans leur consentement, dans le cadre du programme de santé génésique et de planification familiale.

Selon les données de ce programme, entre 1996 et 2000, plus de 270 000 femmes péruviennes ont été stérilisées, la plupart étant des femmes indigènes ou à faibles revenus qui n’ont pas été consultées. Selon d’autres estimations, les chiffres pourraient être plus élevés.

Jusqu’à présent, environ 8 000 personnes sont inscrites au registre des victimes de stérilisations forcées (Reviesfo), ouvert par le ministère de la justice et des droits de l’homme depuis 2016.

Parmi ces victimes, 2 074 ont déposé des plaintes formelles lors du procès pénal contre Fujimori et exigent maintenant que le ministre de la justice et des droits de l’homme, Eduardo Vega, adopte immédiatement des mesures pour initier une indemnisation.

En même temps, le 1er mars, un juge déterminera s’il faut ouvrir un procès pénal contre trois des ministres de la santé de Fujimori – Alejandro Aguinaga, Marino Costa et Eduardo Yong – et d’anciens fonctionnaires pour les stérilisations forcées pratiquées par son régime.

Source : teleSUR / Traduction : FAL 33