Les sept péchés capitaux de Carrefour Brésil – João Beto n’était pas la première victime

  

Armando Januário

Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Jeudi dernier 19 novembre, à la veille de la Journée nationale de la conscience noire, un agent de sécurité d’une entreprise sous-traitante de Carrefour et un policier faisant des heures sup ont battu à mort João Alberto Silveira Freitas, 40 ans. Dans une société raciste et esclavagiste, où les institutions pratiquent ouvertement une violence motivée par des préjugés raciaux et sociaux, Carrefour, pour la septième fois, est le théâtre d’atrocités.

 

João Alberto Silveira Freitas, 40 ans, battu à mort par un agent de sécurité et un policier en heures sup à l’intérieur d’un magasin Carrefour à Porto Alegre

Le 14 août, Moisés Santos, 43 ans, est mort dans un magasin Carrefour à Recife. Son corps a été recouvert d’un parapluie à l’intérieur de l’espace de la filiale. Mais ce n’était pas là le premier cas de perversité de l’entreprise : à la mi-2019, le tribunal du travail de São Paulo a émis une injonction contre Carrefour, pour avoir limité l’accès des employés aux toilettes. Un an auparavant, un chien avait été agressé et intoxiqué par un employé d’une filiale de l’entreprise, à Osasco. Toujours en 2018, Luís Carlos Gomes, handicapé physique, a été agressé par des employés du magasin Carrefour à São Bernardo do Campo, subissant plusieurs fractures et devant subir une opération. La raison ? Il avait ouvert une canette de bière et, interpellé par des employés, il avait dit qu’il paierait la boisson. Malgré cela, il a été battu et bien qu’il ait subi une intervention chirurgicale en raison de plusieurs fractures, il est resté avec une jambe plus courte que l’autre.

Carrefour est un lieu hostile aux Noirs ou à toute personne appartenant à une minorité sociale. Son histoire d’agressions est diversifiée, et ne se limite pas aux aspects raciaux : en 2017, les employés qui demandaient une compensation pour travailler pendant des jours fériés ont été licenciés de l’entreprise, dans un acte évident de représailles. Mais les agressions, les représailles et toutes sortes d’actions violentes perpétrées par cette entreprise durent depuis plus de 10 ans : en 2009, des agents de sécurité d’un magasin Carrefour à Osasco ont agressé Januário Alves de Santana, alors âgé de 39 ans. Il était noir et a été accusé d’avoir volé sa propre voiture.

Dans un pays où les Noirs sont majoritaires en prison, gagnent des salaires inférieurs à ceux des Blancs à travail égal, et ont moins d’éducation que ces derniers, on peut dire que Carrefour dispose d’une véritable machinerie, avec des potences et des piloris, où les Noirs sont à la fois pendus – subissant des étranglements  jusqu’à en perdre leur souffle – et battus à mort : des sacrifices pour nourrir du sang des innocents un dieu cruel appelé racisme.

À ceux qui comprennent le racisme comme une pathologie sociale, il ne reste qu’à s’unir  pour faire face à un projet d’extermination des noirs, en pleine vigueur au Brésil. Ensemble, nous pourrons réaliser les paroles d’Ernesto Che Guevara (1928-1967) : « Soyons le cauchemar de ceux qui veulent nous voler nos rêves ».

Source : Tlaxcala