Bolivie : « Toute la région est sous un fort siège médiatique, nous sommes soumis à une forte guerre médiatique et psychologique »

Veronica Zapata, Resumen Latinoamericano, Lundi 3 août 2020

Photo : Résumé LATAM

« Je travaille actuellement, j’écris beaucoup et je monte des vidéos documentaires pour essayer de briser le siège et montrer ce qui se passe en Bolivie », a déclaré Veronica  Zapata.

Veronica Zapata, journaliste et psychologue bolivienne, a été interviewée à l’antenne de Cuareantena de la radio La Milagrosa sur la situation en Bolivie concernant le Covid-19, le système de santé et le report des élections. La situation critique que traverse le peuple bolivien depuis le coup d’État a également évoquée.

Concernant le Covid 19 dans la république sœur, elle a déclaré que « la situation est alarmante, les hôpitaux et le système de santé en Bolivie sont saturés, il n’y a pas de lits pour accueillir les patients, les gens meurent dans les rues à la manière de Guayaquil, comme nous l’avons vu dans toutes les vidéos qui nous sont parvenues, il n’y a pas de médicaments ni d’équipements de biosécurité, totalement saturés et la population totalement abandonnée » et elle a ajouté qu’ »une bande de criminels gouverne et encourage la contagion, afin de manipuler encore plus l’échéance et de continuer à reporter les élections générales qui sont tant demandées en Bolivie ».

« En fait, une grande marche multitudinaire a eu lieu afin d’exiger et de canaliser le pays vers la voie démocratique, le 28 juillet, dans tous les départements de la Bolivie qui sont au nombre de neuf, une marche pour exiger que les élections du 6 septembre, reportées pour la troisième fois, aient lieu. Les élections ont été reportées au 3 mai et au 6 septembre, puis une date a été fixée pour le 18 octobre, laquelle est également incertaine car chaque fois qu’une date est fixée,  la ministre de la santé déclare que précisément à la date des élections il y aura un pic d’infections », a commenté Veronica. Elle a aussi ajouté qu’ « ils ont démontré qu’il y a une contradiction entre les rapports que le Tribunal électoral suprême aurait et le gouvernement, qui utilise les sources du ministère de la santé. Rappelons que la présidente du Tribunal suprême électoral a été mise en place par Añez elle-même et par la CIA et qu’elles travaillent en coordination pour continuer à reporter les élections afin de pouvoir rester au pouvoir et consolider un État terroriste ».

Sur les effets du coup d’État, Zapata a été catégorique : « Ils ont démantelé le système éducatif, l’économie et la santé. C’est un coup d’État qui doit alarmer toute la région. Comme cela a été fait en Equateur avec l’interdiction du parti de Correa,  en Bolivie, ils veulent interdire le Mouvement vers le Socialisme (MAS) ; ce qui est en jeu en Bolivie, ce sont les démocraties de toute la région. Ils tentent de consolider un coup d’État totalement violent, avec une chasse aux militants, aux dirigeants et aux fonctionnaires, où on commence à voir des auto attaques, comme celle du tropique de Chochabamba, pour accuser les mouvements sociaux. Ils planifient même des actes terroristes, afin de continuer à repousser les élections, et ils provoquent le peuple bolivien à ébranler le pays.

« Ils se sont trompés quant à la vision politique de ce qui allait se passer et pas seulement le gouvernement, c’est quelque chose de régional, en fait des gouvernements sont arrivés qui ont détruit ce qui était l’UNASUR. Mais il se trouve que toute la région est sous un fort siège médiatique, nous sommes sous une forte guerre médiatique et psychologique, donc nous ne voyons pas tout ce qui s’est passé dans la région. Il y a un coup d’État au Honduras, au Paraguay et au Brésil avec des coups d’états « doux » et aussi ce qui se passe au Venezuela, qui affronte un blocus génocidaire et sinistre en pleine pandémie ; les États-Unis veulent attaquer leur démocratie, ils ont mis à prix la tête de Maduro. Cela dure depuis des années au Venezuela,  ils ont mis le feu aux Chavistas et brûlé toutes les institutions », a expliqué  Zapata, ajoutant que « cela était prévisible lorsqu’une tentative de déstabilisation a été stoppée, et qu’en 2019 il était clair qu’ils allaient s’attaquer à un gouvernement comme celui d’Evo Morales, qui a mis la Bolivie au sommet de la croissance économique, en seulement 14 ans, après 500 ans de soumission ».

Dans ce sens, le journaliste a déclaré que « la Bolivie est un pays avec la plus grande richesse de la région, elle possède 60% du lithium et cela la projette comme une grande puissance régionale et même internationale. Aujourd’hui, le pays qui possède les réserves de lithium est celui qui sera une puissance dans le futur, parce que le lithium est utilisé pour les ordinateurs, les téléphones portables, les avions, les bateaux et les montres électroniques, donc celui qui gère ce marché est celui qui gère le pouvoir dans le futur » et elle a justifié que « c’est pourquoi ils ont arrêté ce processus de changement mené par le premier président indigène de l’histoire, parce que cette révolution qui a commencé avec Evo Morales en 2005 était sans précédent au niveau continental et elle a transcendé les peuples autochtones du monde entier, et cet exemple symbolique que le président a donné est très inquiétant ».

« Ce coup d’État a été un coup dur contre les Indigènes, car l’une des grandes bannières de la lutte que mènent les peuples autochtones sont les ressources naturelles, jamais un gouvernement dirigé par un Indigène n’allait leur remettre les ressources naturelles », a-t-elle déclaré.

Prévoyant la possibilité d’élections, Zapata a indiqué que « compte tenu de ce coup d’État qui a laissé deux massacres avec plus de 35 morts, et qui a investi de l’argent pour acheter des politiciens et des forces armées, il ne va pas céder le pouvoir comme ça. Nous sommes face à un gouvernement qui est gouverné depuis les États-Unis par un autre criminel, Trump, et où se jouent des intérêts de beaucoup d’argent » et elle a ajouté que « s’il y a des élections, ils préparent un contexte de fraude, de purge des listes électorales dans les zones indigènes où le Mouvement vers le Socialisme a le plus de soutien ; ils savent qu’ils n’ont rien de favorable parce que les sondages disent que le Mouvement vers le Socialisme va gagner au premier tour, parce que le peuple bolivien est fatigué de tout ce qui se passe ».

Source : Comunicación para la Integración

Traduction : FAL 33