Le sénateur Petro déclare « illégitime » le président colombien pour ses liens avec les narcos

Sénateur Petro à gauche, Iván Duque, président de la Colombie à droite / Source : les 2 Rives

Alors que l’affaire de la ñeñepolitique – née des enregistrements audios dans lesquels on entend l’ex conseillère de Alvaro Uribe, María Claudia Daza, et le narco-trafiquant José Guillermo Ñeñe Hernández parler d’achat de votes pour la campagne présidentielle de 2018 de l’actuel président Iván Duque – fait toujours l’objet d’une enquête, plusieurs dirigeants politiques font pression pour que le processus soit résolu car ils récriminent ce qui reste jusqu’à présent un acte prétendument illégal qui embourberait le gouvernement.

A cette occasion, le sénateur et ex candidat présidentiel Gustavo Petro, du mouvement Colombia Humana, remet en question la légitimité du président Ivan Duque et, à partir de là, exhorte les citoyens à réagir et à rejeter son administration. Selon ce qu’il a dit dans une interview sur W Radio et plus tard sur Blu Radio, le sénateur Petro affirme que les preuves obtenues des interceptions légales de Ñeñe Hernández en 2018 sont suffisamment fiables pour que son mouvement ignore le gouvernement Duque.

« Pour Colombia Humana, le dirigeant que nous avons, n’a pas gagné les élections présidentielles de 2018. Le bureau d’enregistrement a présenté la victoire de Duque en comptant les votes achetés avec l’argent du trafic de drogue à La Guajira, Magdalena et Cesar, et il y a d’autres régions [à découvrir dans ce prétendu complot], parce que les narco-trafiquants de Colombie ont couru à la rescousse de Duque », a-t-il déclaré sur W Radio.

Il a également déclaré que les achats de votes présumés ont eu lieu dans des endroits stratégiques où Colombia Humana avait du capital politique. Ces votes ont été été volés par la mafia. « Et l’achat a été fait là où se trouvaient les votes qui pouvaient faire triompher Colombia Humana. C’était un plan prémédité et avec beaucoup d’argent, comme le montrent les enregistrements. C’est un fait politique indéniable, mais aussi un crime », a-t-il ajouté, précisant sa position.

Petro a déclaré directement que la légitimité du président, ainsi que celle de sa vice-présidente Marta Lucía Ramírez, « est en contradiction avec ses crimes », faisant allusion à des faits qui lient la famille de la vice-présidente, comme les relations d’affaires de son mari, Álvaro Rincón, avec le narco-trafiquant Memo Fantasma, et le paiement de la caution de son frère en 1998 pour le crime de trafic de drogue commis aux États-Unis.

Pour toutes ces raisons, Petro a lancé deux idées pour que la société se rebelle d’une manière ou d’une autre et a déclaré qu’il espérait que le Comité de Grève les reprenne et les lance, car il pense que si le gouvernement d’Iván Duque est « illégitime », il conduit le pays à l’abîme en pleine pandémie.

« Un président illégitime conduit son pays à l’abattoir et la société doit donc agir, c’est la désobéissance civile. [Deux exemples] : ne pas emmener les enfants à l’école en août, ne pas payer les factures de services publics. Nous voyons si le Comité de grève lance cette proposition parce que vous ne pouvez pas obéir à un président illégitime », a-t-il déclaré, précisant que son manifeste « ne conduit pas à l’anarchie sociale, mais à sauver des vies ».

 

Source El Espectador – Traduction Romain Migus