Leaders indigènes : la cible de la violence en Colombie

Source : Prensa Latina

Un total de 269 leaders indigènes ont été assassinés en Colombie depuis 2016 à ce jour, dont 242 après la signature de l’Accord de Paix et 167 sous la présidence d’Iván Duque, a révélé aujourd’hui une étude.

Selon l´enquête de l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), le département qui compte le plus de leaders indigènes ou de défenseurs des droits de l’Homme assassinés est le Cauca, dont le nombre s’élève à 94, dont 28 depuis le début de l’année.

Selon l’étude, cela répond au fait que le Cauca est un département où historiquement des conflits territoriaux ont surgi avec des secteurs privés légaux et illégaux de l’exploitation minière, des usines sucrières, des monocultures pour l’éthanol (ananas), de l´exploitation forestière, de l´élevage extensif.

En outre, le Cauca est un territoire de passage et un couloir stratégique pour le trafic de pâte base de cocaïne et de marijuana et que l´on y note la présence de structures criminelles et mafieuses, précise l’enquête.

Face au conflit armé et à ses diverses manifestations, différents peuples indigènes ont affirmé leur autonomie et leur détermination à rester sur leurs territoires comme condition essentielle pour assurer leur survie, souligne l´Indepaz.

À cet égard, les communautés ont rejeté toutes les manifestations du conflit armé et ont adopté une position de résistance pacifique, ajoute l´entité.

Les peuples indigènes réclament également le droit à l’autodétermination, exprimé par la reconnaissance et le respect de leurs plans de vie et la mise en œuvre de leurs projets d’ethnodéveloppement, explique l´institut.

Ils œuvrent en ce sens à la réalisation de projets sur leurs territoires avec des ressources nationales et internationales, ainsi qu’au renforcement des autorités traditionnelles et légitimes et au plein exercice de la juridiction spéciale indigène, ajoute l’étude intitulée Leaders indigènes assassinés.

De même, ces peuples exigent le respect de leurs droits fondamentaux en tant que victimes du conflit armé et à la vérité, la justice, à la réparation intégrale et à la non-répétition des conflits, conformément aux normes nationales et internationales.

L’État et la société en général ne peuvent ignorer la situation extrêmement grave des droits de l’Homme à laquelle sont confrontés les peuples indigènes en Colombie, ce qui exige des efforts concertés pour assurer leur survie en tant que groupes distincts de protection spéciale, souligne l´Indepaz.

Pour leur part, les entreprises nationales et internationales et la coopération internationale doivent appliquer strictement les instruments relatifs au respect et à la reconnaissance des droits de l’Homme et à la responsabilité sociale des entreprises, ajoute l´Institut.

Source : Prensa Latina