Cuba, “la solidarité ne se négocie pas”

La sollicitation du navire de croisière britannique MS Braemar, dans le port cubain, pour sauver cinq passagers malades diagnostiqués par le COVID-19 (Coronavirus) n'est pas un événement isolé ou conjoncturel. C'est le mode de vie de la Révolution cubaine, «le mode de vie cubain», je dirais en paraphrasant.

Medecins cubains

La solidarité est inhérente à la pensée de Martí, de Fidel et du Che. La pratique développée ces 60 dernières années par le Gouvernement de Cuba a bénéficié à plusieurs millions de personnes dans le monde entier. Des villages africains les plus isolés, à la Guinée, l’Angola, l’Ethiopie, jusqu’aux Amériques, Haiti, le Guatemala, le Perou, le Brésil, l’Équateur et jusqu’aux villes de Caracas ou Minas Gerais.

C’est la pensée révolutionnaire de « l’homme nouveau », c’est la ligne politique et idéologique du véritable internationalisme. C’est le travail humanitaire sans frontières. C’est la pratique que le capitalisme n’a pas. Il suscite tellement d’étonnement, que les gouvernements et les médecins, qui n’ont aucun vaccin contre la cupidité, ni la stupidité, s’y opposent.

C’est le résultat d’une prophétie, au sens biblique de visionnaire, qu’avait Fidel. Le développement de la biotechnologie, le développement de la médecine, mais par-dessus tout la vocation de services propres aux franciscains originaires des années 1200 ou propre au christianisme authentique, si ce n’est au socialisme authentique.

Aujourd’hui, les gouvernements de Bolivie, du Brésil, d’Equateur, du Salvador, du Honduras, regrettent d’avoir demandé le départ des médecins cubains. Mais c’est déjà trop tard et ça n’importe peu. Ceux qui le déplore réellement, et le ressente personnellement, ce sont les citoyens qui ont perdu cette aide solidaire et efficiente. Aujourd’hui, l’Italie, l’Espagne et d’autres pays européens demandent et demanderont de l’aide à Cuba et aux médecins Cubains.

L’efficience de l’Etat dans ces services est inégalable. Nous le voyons en Equateur aujourd’hui, qu’il s’agit à la fois de démanteler la santé publique, et paradoxalement, de se référer à elle seulement pour répondre à l’urgence du Coronavirus. Au nom d’une politique économique d’échec (néolibéralisme) on poursuit et proscrit une ligne politique de réussite (la Révolution Citoyenne) et paradoxalement on cherche le soutien d’un des plus grands succès du gouvernement du Président Correa qui n’est autre que la Santé Publique. La preuve que les services comme la santé et l’éducation sont des droits conquis qui doivent faire partie de l’Etat, c’est que ce dernier n’arrive pas à signer un accord avec les laboratoires privés concernant le prix des analyses. Incroyable. 

Cuba est l’exemple de ce que pourrait être le Sumak Kawsay (« buen vivir ») en cette matière et dans bien d’autres. Aujourd’hui, nous vivons une urgence mondiale et ceux qui y ont répondu sont Cuba, la Chine, le Vénézuela et le Nicaragua (qui ne compte pas encore de cas de Covid-19) et qui comptent sur le soutien immédiat de la médecine de leurs amis cubains.

Cuba héroïque, encerclée, traquée par l’embargo est solidaire et efficiente. Elle contribue à l’humanité entière.

Cette bête apocalyptique de Donald Trump, démon de la cupidité, veut en premier lieu acheter les médecins et les laboratoires allemands qui produisent le vaccin contre le Coronavirus, pour ensuite pouvoir le vendre au prix qu’il souhaite. C’est la différence entre le bien et le mal. Entre le socialisme et le capitalisme. 

Vive Cuba, libéré du mal. Merci, frères et soeurs cubains pour tout ce que vous engagez en risquant votre santé et votre vie. Merci Fidel pour l’exemple et la pratique. Ces générations et les futures doivent beaucoup à ce modèle de solidarité et de dignité du peuple cubain. 

Note : Le titre de l’articule est une phrase du compagnon Hertie Lewittes (décédé) qui, en 1978, – quand un dirigeant de l’Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine voulu lui « vendre » un passeport diplomatique péruvien pour qu’en échange il dise à la presse que 120 hommes se battaient contre Somoza au Nicaragua (alors qu’il n’y en avait pas un seul) – Il lui répondit « la solidarité ne se négocie pas » et il n’accepta pas ce passeport de représentant itinérant du FSLN, qui lui aurait assurément facilité la vie en temps de guerre.

Auteur : Luis Varese
Source : America Latina en movimiento
Traduction : Noélia D