Amérique Latine : Nous construisons des modèles de solidarité et nous pratiquons l’intégration

« L’ALBA a démontré sa capacité à avoir un impact sur la vie de nos citoyens et à rassembler des forces pour défendre des causes justes telles que la lutte contre les effets du changement climatique, la défense de la paix, l’éducation et la santé publique », a déclaré Nicolas Maduro

La cérémonie politique et culturelle à l’occasion du 15e anniversaire de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique – Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) a eu lieu au pied du Grand escalier de l’Université de La Havane, en présence du général d’armée Raul Castro Ruz, Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, de plusieurs présidents et chefs de délégations venus participer au 17e Sommet de ce bloc régional.

Prenant la parole, le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, a évoqué le premier entretien entre les commandants Hugo Chavez et Fidel Castro et la façon dont a germé l’idée de créer une organisation continentale au bénéfice des peuples. Un projet qui a transcendé le respect et la souveraineté et a eu un impact déterminant, notamment sur les domaines de la santé publique et de l’éducation.

Il a rappelé les décisions prises à l’occasion de ce Sommet, dont l’activation, au premier trimestre 2020, du projet Petrocaribe, nécessaire à la sécurité énergétique définitive de la région. Le président a assuré que l’Opération Miracle, l’Opération l’ALBA culturelle et d’autres missions se poursuivront avec une force renouvelée.

« L’ALBA a démontré sa capacité à avoir un impact sur la vie de nos citoyens et à rassembler des forces pour défendre des causes justes telles que la lutte contre les effets du changement climatique, la défense de la paix, l’éducation et la santé publique », a déclaré Nicolas Maduro.

Le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Ralph Gonsalves, a estimé quant à lui que le bloc régional est un mécanisme d’avant-garde visant l’unification des mouvements progressistes en Amérique latine et dans les Caraïbes. « Ce mécanisme d’intégration est organique, parce qu’il rassemble les forces, les dignités, les possibilités et les limitations de ses différents membres », a-t-il dit.

Et de réaffirmer que l’objectif central de l’Alliance est le bénéfice des peuples, en contribuant à augmenter le niveau de vie et les possibilités de développement des pays qui luttent pour aller de l’avant dans un contexte international actuel où l’impérialisme est le principal obstacle au fonctionnement de l’intégration et son antithèse.

Ralph Gonsalves a ajouté que la contradiction fondamentale dans notre hémisphère est précisément celle qui existe entre l’impérialisme et ceux qui résistent aux atteintes à leur dignité.

Il a appelé à l’unité pour combattre les politiques hégémoniques et d’ingérence de l’impérialisme et pour protéger la mémoire historique afin de préserver un avenir favorable pour les peuples. À cette fin, il a appelé les jeunes à jouer un rôle actif dans la défense de leur liberté face aux menaces que représentent l’impérialisme et le néolibéralisme.

Il a conclu en affirmant qu’il est impératif de se rappeler les leçons que nous laisse la politique agressive des gouvernements impérialistes. « Nous devons nous souvenir du passé tout en vivant dans le présent », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le président nicaraguayen Daniel Ortega a rappelé l’héritage des dirigeants de la Révolution cubaine, Fidel et Raul Castro, qui ont commencé à œuvrer pour le changement social justement sur ce campus universitaire.

« Ici, Fidel et Chavez nous accompagnent, les éternels commandants qui ont créé les conditions pour que les peuples se regroupent au sein de l’ALBA et que d’autres les rejoignent jusqu’à ce que l’Amérique latine et les Caraïbes ne fassent plus qu’une », a affirmé le leader sandiniste.

Il a rappelé certains événements de la situation politique actuelle, tels que le récent coup d’État perpétré contre le président Evo Morales en Bolivie, les mobilisations populaires anti-néolibérales au Chili et en Colombie, et l’hostilité accrue des États-Unis à l’encontre de Cuba et d’autres pays, raisons pour lesquelles la Déclaration finale du Sommet condamne l’offensive contre les peuples de la région menée par les États-Unis et les oligarchies.

Le discours de clôture a été prononcé par le président cubain Miguel Diaz-Canel, qui s’est attaché à approfondir les principes fondateurs de l’ALBA-TCP et souligné la solidarité de Cuba envers le Venezuela, le Nicaragua et la Bolivie, la Dominique et le Suriname, ainsi qu’avec la juste cause de l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Il a décrit le néolibéralisme avec la métaphore martinienne du « tigre à l’affût » des peuples du monde. Aussi nous faut-il bannir de la conscience collective la mentalité coloniale et imposer les rêves d’émancipation et de liberté.

« Il est essentiel de semer des idées et des valeurs pour défendre nos conquêtes. Et il convient aussi de nous intégrer dans le domaine de la communication afin que la mentalité coloniale ne nous engloutisse pas sous sa charge de faux symboles », a fait remarquer le dirigeant cubain.

Se référant à l’intensification du blocus criminel des États-Unis pour détruire la Révolution, il a averti que ce qu’ils font aujourd’hui contre Cuba, ils le feront demain contre d’autres pays et il en existe des exemples depuis quelques années. « Nul n’est à l’abri du fouet de l’empire, et permettre que l’on frappe certains ouvre la voie aux coups contre tous », a-t-il souligné.

« Ce que les États-Unis et les oligarchies latino-américaines ne nous pardonnent pas, c’est que nous avons construit des modèles inclusifs et engagés envers le peuple, y compris sous les pressions et les barrières des sanctions et des blocus. Nous pouvons leur donner la formule : nous ne construisons pas de modèles pour 1% de la population. Nous ne construisons pas de modèles d’exclusion. Nous construisons des modèles de solidarité et nous pratiquons l’intégration », a déclaré le président cubain.

Cuba résistera à toutes les menaces de l’impérialisme, car le peuple est uni, a-t-il dit, et il a conclu en affirmant : « Nous ne renoncerons pas au socialisme ! Nous ne renoncerons pas à la solidarité ! Nous ne renoncerons pas à l’amitié ! Nous ne renoncerons pas à la dignité ! »

 

Auteur: Nuria Barbosa León | internet@granma.cu

18 décembre 2019 09:12:51

http://fr.granma.cu/cuba/2019-12-18/nous-construisons-des-modeles-de-solidarite-et-nous-pratiquons-lintegration